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Ali Benflis : Résister ou disparaître

 
Depuis vendredi, les visiteurs se succèdent dans le bureau du secrétaire général du FLN, Ali Benflis. Sonnés et groggy par la débâcle du vieux parti à l’élection présidentielle du 8 avril, responsables et sympathisants viennent prendre des nouvelles.
lundi 12 avril 2004.

Comment encaisser le coup ? Comment réagir et quelle stratégie faut-il adopter pour relancer le parti et surtout comment déjouer les velléités des partisans de Bouteflika qui veulent faire main basse sur le FLN ? Dans son large bureau situé sur les hauteurs de Hydra, Ali Benflis reçoit ses invités l’air serein. “Il digère bien sa défaite. Il n’est pas découragé”, a affirmé, hier, un membre du bureau politique du parti.

Justement, hier, dans la matinée, lors de la réunion informelle du bureau politique (BP) du parti, le secrétaire général s’est voulu rassurant et déterminé : il ne faut pas fléchir, il faut continuer le combat malgré la fraude massive, dit-il. En dépit de la déroute électorale. Cette première réunion du BP est sans doute déterminante. Très déterminante pour l’avenir du parti, tant Ali Benflis ainsi que ses principaux collaborateurs sont convaincus qu’ils jouent une partie serrée. C’est l’avenir même du parti FLN qui se joue.

Tous les participants à la réunion s’accordent sur le fait que l’élection du 8 avril a débouché sur un constat : ce scrutin est le résultat d’une fraude massive. Au sein des partisans d’Ali Benflis, on digère mal le plébiscite. Le clan de Bouteflika a grossièrement triché et l’Armée a joué un mauvais tour au FLN en faisant croire que le secrétaire général du parti jouissait de la sympathie, sinon de l’appui des principaux responsables de l’institution militaire. Hier, on n’arrêtait pas de ressasser cette antienne. Mais au-delà, que faut-il faire ? Comment rebondir ? Pour l’heure, on ne donne pas cher des “innombrables recours” qui ont été introduits au niveau du conseil constitutionnel qui devra se prononcer dans la journée d’aujourd’hui.

Le plébiscite d’Abdelaziz Bouteflika sera d’ailleurs solennellement consacré à cette occasion. Les recours auprès d’une institution toute acquise au clan présidentiel seront-ils validés ? autant dire que c’est une partie perdue d’avance pour les hommes de Benflis. Les recours écartés, il reste encore à livrer une autre bataille. Celle de l’intox face à tous les détracteurs du parti. Et surtout, il reste la guerre à venir que devront livrer les partisans de Benflis face aux assauts des redresseurs, membres du FLN, ministres et apparatchiks du vieux parti, passés dans le clan de Bouteflika. Et bien sûr, une guerre à livrer aux “cousins” du RND qui nourrit une seule ambition : damer le pion au FLN et le supplanter.

Hier, dans les rédactions algéroises, une forte rumeur avait circulé sur une éventuelle démission du président de l’APN, Karim Younès, fidèle parmi les plus fidèles de Ali Benflis. Soumis à une forte pression, l’homme refuse de jeter l’éponge. Selon des confidences, Karim Younès ne lâcherait le perchoir que si le président décidait de dissoudre l’assemblée populaire nationale. La dissolution de l’Assemblée nationale, voilà donc la carte idoine avec laquelle le nouveau président pourrait se débarrasser du vieux parti.

Est-ce la seule solution ? Dans l’escarcelle du clan Bouteflika, il existe deux parades qu’il faille mettre en place, coup sur coup. Organiser d’abord un nouveau congrès du FLN, drivé par l’actuel ministre des affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, un congrès de substitution qui verrait les redresseurs prendre le contrôle du FLN en mettant sur la touche les partisans du FLN. Ensuite, dissoudre l’APN pour enterrer définitivement l’ère Ali Benflis. À moins que Bouteflika ne soit tenté par la solution radicale : mettre le FLN au musée de l’Histoire.

Résultat du scrutin
Proclamation aujourd’hui

Le Conseil constitutionnel annoncera, aujourd’hui, à 10h, en son siège, les résultats définitifs et officiels de l’élection du président de la République, qui a eu lieu le 8 avril, a-t-on appris, hier, auprès de cette institution. M. Nourredine Yazid Zerhouni, ministre d’État, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, avait, rappelle-t-on, annoncé, vendredi dernier, les résultats préliminaires de l’élection présidentielle.

Farid Alilat, Liberté