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Coodination des Enfants de Chouhada à Bouira

La panique des hommes du président
 
A mesure que la date officielle du début de campagne pour la présidentielle d’avril prochain approche, les hommes de main du président candidat multiplient les sorties sur le terrain en exploitant leur statut de ministres et présidents d’associations pour rassembler et essayer de rallier le maximum de gens pour le soutien de Bouteflika.
dimanche 7 mars 2004.

Mais à voir leurs interventions, du moins celles qu’on a vues ce vendredi au niveau de la salle Errich de Bouira, à l’occasion de la tenue d’une conférence de la Coordination nationale des enfants de chouhada, à voir les interventions des présents, comme celle du SG de cette coordination, M. Bounedjma, ou encore du coordinateur de wilaya des comités de soutien au programme du président, M. Saïki, et celle de Tayeb Louh, ministre du Travail et de la Protection sociale, l’on ne peut s’empêcher de constater combien le SG du FLN, M. Ali Benflis, hante les esprits et combien il fait peur à tous ces opportunistes de tous bords.

Car, et c’est-là la réalité, quand on organise une conférence devant un parterre de gens de tous âges et venus de toutes les régions de la wilaya dans le but de leur expliquer le pourquoi du soutien au présidentcandidat, et que l’on s’attelle tout au long des interventions à critiquer le potentiel rival, qu’est M. Ali Benflis, cela ne peut s’expliquer que par le désarroi de Bouteflika et ses sbires, face à ce candidat qui a pris de larges distances surtout à l’étranger où il est vu, à juste titre d’ailleurs, comme le plus probable successeur de Bouteflika à la magistrature suprême.

En effet, hier, au niveau de la salle Errich, on a vu des gens très peu confiants de leur candidat en train de s’adonner à des critiques et des arguments qui ne tenaient aucunement la route concernant les rivaux de Bouteflika, en premier lieu M. Ali Benflis. Ces intervenants, ne se contentant plus d’avoir les médias publics nationaux au service du seul Bouteflika, s’en sont pris aux candidats qui s’adressent aux Algériens via les télévisions étrangères. Néanmoins, ces intervenants ont oublié que la plupart de ces médias, qu’ils qualifient d’étrangers, sont des médias tenus par les Algériens et destinés aux Algériens car dans leur propre pays, il leur est interdit de créer une télévision privée.

C’est le cas de BEUR TV, de BRTV et de KTV, trois télévisions créées par des Algériens et pour les Algériens. Et les candidats qui sont interdits d’antenne au niveau de l’ENTV se sont rabattus sur ces trois chaînes algériennes émettant depuis l’Europe pour pouvoir passer leur message et s’adresser à leurs compatriotes. Autre sujet concernant M. Ali Benflis, le dialogue avec les arouch.

Les intervenants ne ratent aucune occasion pour discréditer ce potentiel candidat vis-à-vis de l’opinion en lui faisant endosser la tenue de ce dialogue “Taïwan”. Heureusement que cette question a été très bien expliquée par M. Benflis la veille seulement sur le plateau de BRTV lequel avait déclaré qu’il n’avait fait que de la sous-traitance étant donné que l’ordonnateur principal était le président Bouteflika lui-même. D’ailleurs, M. Ali Benflis, qui n’a pas voulu s’empêtrer dans l’électoralisme, s’est néanmoins engagé solennellement, s’il était élu, à traiter cette question - la plateforme d’El-Kseur, ndlr - en personne en tant que président de la République avec les principaux acteurs de cette crise.

Autre sujet abordé dans la piètre intervention de M. Louh, le rappel que de tous les rivaux de Bouteflika, personne n’a été aux côtés du peuple lors des moments difficiles du terrorisme. M. Louh, sans scrupules, osera critiquer l’absence des acteurs politiques lors de la décennie noire, oubliant que s’il y avait quelqu’un qui était absent et qui se la coulait douce, c’est bien son propre candidat qu’est Bouteflika. Et puis, ne serait-ce que par pudeur, il aurait au moins cité le cas de Saïd Sadi qui a même échappé à une bombe qui avait explosé lors de la fameuse marche organisée en mai 1995 contre le terrorisme à Alger. Rien de tout cela. Pour les intervenants d’hier, plus le mensonge passera dans plusieurs contrevérités avancées par les intervenants comme celui de M. Saïki qui déclarera solennellement (sic !) pour répondre, dira-t-il, aux détracteurs du président que Bouteflika est un authentique moudjahid car il était sergent de l’ALN en 1958 ( ? !). Concernant les données économiques, le ministre du Travail n’omettra pas de relater les réserves de change qui ont atteint les 32,9 milliards de dollars, la création de plus d’un million de postes d’emploi, la réduction du taux d’inflation du dinar et l’enregistrement d’un taux de croissance de 6,7 %.

Tout ça, dira-t-il, est l’œuvre du président Bouteflika, en omettant de souligner l’environnement favorable de la hausse des prix du pétrole et l’augmentation des ventes grâce à l’ouverture de Sonatrach aux capitaux étrangers, entamée bien avant la venue de Bouteflika aux affaires de l’Etat. En outre, la réconciliation nationale reviendra pratiquement dans toutes les bouches pour justifier le soutien à Bouteflika.

En somme, la conférence était emprunte de beaucoup de platitude, avec la présence en force des gens de Sour-El-Ghozlane, parmi lesquels figurent des dizaines d’enfants, et M. Saïki résumera l’enjeu de la présidentielle par le lancement à la foule d’une sentence pas du tout démocratique. “Nous allons battre tous nos ennemis !” dira-t-il à une foule en délire qui applaudissait souvent sans rien comprendre. Personne dans la salle n’a eu le réflexe de luis rappeler que les rivaux de Bouteflika et leurs partisans sont des adversaires politiques et non des ennemis. Mais peut-être est-ce ainsi que tout ce magma et leur principal candidat, qu’est Bouteflika, conçoivent la chose politique...

Y.Y., Le Soir d’Algérie