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L’Algérie exige l’extradition de Khalifa

 
L’extradition vers l’Algérie de Abdelmoumène Khalifa pour y être jugé, devrait permettre aux algériens d’en savoir plus sur l’un des plus grands scandales financiers de son histoire.
jeudi 30 mars 2006.

Rafik Khalifa du temps où il s'entourait de célébrités du spectacle. Annoncé comme imminent à plusieurs reprises, le procès Khalifa aura lieu cet été, plus exactement au mois de juillet. Des sources judiciaires très proches du dossier révèlent, par ailleurs, que l’instruction sera achevée à la fin du mois de juin. Ensuite, le dossier sera transmis à la chambre d’accusation qui va envoyer les inculpés devant le tribunal criminel. Ces derniers jours, une rumeur persistante a circulé autour de l’envoi par le ministre de la Justice d’une note aux responsables de la cour de Blida (la juridiction dont dépend la gestion de cette affaire) les enjoignant d’accélérer le parachèvement de l’instruction afin de permettre au procès de se tenir dans des délais raisonnables.

Le décès de Mohamed Lazhar Aloui, ex-directeur d’El Khalifa Bank, le 15 mars dernier, alors qu’il était en détention provisoire à la maison d’arrêt d’El-Harrach, aurait motivé cet ordre. Ce que démentent formellement nos sources. Niant l’existence d’une quelconque injonction émanant de la chancellerie, elles soutiennent, néanmoins, que le jugement des inculpés ne saurait tarder davantage, même en l’absence du principal incriminé, Abdelmoumène Khalifa, actuellement en fuite à Londres. “Le juge d’instruction n’est pas obligé d’attendre son extradition et mettre en otage le reste des inculpés”, nous confie-t-on. Une centaine de personnes seront présentées à la barre. Y figurent des prévenus et d’autres mis sous contrôle judiciaire et en liberté provisoire.

Les chefs d’inculpation retenus contre les mis en cause sont association de malfaiteurs, abus de confiance, escroquerie, abus de biens sociaux, transfert illégal de fonds à l’étranger et infractions à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux, à travers différentes affaires impliquant les filières du groupe, dont El Khalifa Bank. “Le préjudice financier dû à l’État et au particulier fait l’objet d’une expertise”, avancent nos sources. En outre, elles précisent que les “deux juges d’instruction - désignés dans le cadre de ce dossier - travaillent d’arrache-pied avec l’assistance des services de sécurité, dans le cadre de commissions rogatoires”. Les auditions se poursuivent à ce jour. Des milliers de témoins ont été entendus. Beaucoup seront cités au cours du procès dont de hauts responsables de la Banque d’Algérie.

Toutefois, sans Abdelmoumène Khalifa, il y a peu de chances que les responsabilités soient situées avec exactitude. Une perspective qui arrange certaines parties qui, au sein même de l’État, sont impliquées de manière directe ou indirecte dans ce qui est considéré comme la plus grande escroquerie du siècle, compte tenu des largesses et des appuis que l’ex-golden boy avait bénéficié pour agrandir son empire et des compensations très généreuses qu’il a octroyées au retour à ses bienfaiteurs. Menant une vie dorée dans la capitale britannique, il n’a vraiment pas de quoi avoir peur.

Synthèse de Mourad
D’après Liberté