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Formation du prochain gouvernement d’Abdelaziz Bouteflika

 
Les résultats du scrutin du 8 avril 2004 validés, les regards sont désormais, braqués sur la composante du prochain gouvernement. De qui sera formé ce dernier ? Comment Abdelaziz Bouteflika pourra-t-il gérer “la distribution” des portefeuilles à ceux qui commencent à attendre les dividendes d’une campagne articulée autour de comités de soutien et d’alliances pour réélire “l’homme de l’heure”
mercredi 14 avril 2004.

Les résultats confirmés par le conseil constitutionnel et donnant Bouteflika vainqueur avec 84,99 % des suffrages, le président de la République optera pour un gouvernement à la carte. En premier lieu, l’alliance présidentielle formée par le RND d’Ouyahia, le MSP de Soltani et le FLN des redresseurs de Belkhadem.

Le “front des 3 + 1” (l’UDR de Benyounès), étant partie prenante de la bataille électorale, aura la part majeure du gâteau. Bouteflika retrouvera dans cette alliance les ingrédients de sa politique prônée dans son ancien programme et consolidée lors de la campagne électorale. Par ailleurs, la première candidate à l’élection présidentielle algérienne, Louisa Hanoune en l’occurrence, obtiendra, elle aussi, sa “part de gâteau”.

Toutefois, pour le PT, la participation au prochain gouvernement n’est pas à l’ordre du jour et seul le congrès national de réconciliation, annoncé pour les prochains jours, pourrait prendre la décision en toute souveraineté. Les indépendants, à leur tête Mohamed Djemiai, attendent “le son de cloche” du président réélu. Cette tendance pourrait se tailler une part de lion dans le prochain gouvernement. Lors de la bataille électorale, Djemiai, député indépendant et vice-président de l’APN, a récolté la bagatelle de 112 élus dans la wilaya de Tébessa pour la cause de son candidat préféré. Ce dernier a d’ailleurs bien apprécié l’apport de cette tendance. Il y a aussi le retour des membres du CNT qui se sont constitués en association.

Ces “cadres de l’état à vie” ont rejoint dès la première heure les rangs de Bouteflika avant de sillonner tout le territoire national pour battre la campagne. Des hommes d’affaires, dont des patrons et chefs d’entreprise, piaffent de voir Bouteflika leur renvoyer l’ascenseur. La famille révolutionnaire n’est pas en reste. Selon nos sources, “les tractations ont déjà commencé à la base”. C’est dire que le prochain gouvernement sera celui du “consensus”. Cette politique “du déjà vu” nous rappelle l’élection de Bouteflika en 1999 quand tous ses partisans ont brigué des portefeuilles dans les différents gouvernements qui se sont succédé.

Aujourd’hui, la donne diffère. Les néo-partisans ne peuvent plus exploiter certains “fonds de commerce” comme le terrorisme, l’officialisation de tamazight, le chômage, etc. Ces thèmes sont récupérés par le seul homme, Bouteflika, qui a déclaré, lors de meeting de Mascara, que “ces acquis sont l’apanage du peuple”.

Une chose est cependant sûre : la composante du prochain gouvernement comportera quelques “surprises.

Farid Belgacem, Liberté