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Comme si les Palestiniens n’existaient pas...

 
Les récentes déclarations du président Américain George Bush, prononcées mercredi à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre israélien Ariel Sharon en visite aux Etats-Unis, ont sucité la colère et la consternation parmi les Palestiniens. Jamais un président américain n’a osé s’aligner publiquement sur les positions israéliennes comme l’a fait Bush mercredi.
samedi 17 avril 2004.

Il a dénie aux réfugiés palestiniens le droit au retour dans leurs foyers, d’où ils ont été chassés en 1948, dans l’une des opérations de purification ethnique les plus dramatiques qu’a connues la planète. Cette position américaine va à l’encontre de la légitimité internationale qui garantit ce retour par le biais de la résolution 194 des Nations unies.

Il a, par ailleurs, estimé qu’un retour aux frontières d’avant 1967 serait irréaliste, donnant ainsi le droit à Israël de modifier ces frontières à sa guise en gardant la majeure partie des colonies. En fait comme si les Palestiniens n’existaient pas, Bush et Sharon ont décidé l’avenir de la région. « Les dirigeants israéliens fanatiques se trompent, de même que ceux qui les soutiennent et vous savez de qui je parle », a déclaré le président Yasser Arafat, visiblement furieux, dans un discours retransmis par la télévision palestinienne. « Notre destin est de défendre notre terre, nos lieux saints, El Qods, notre droit à l’indépendance et la liberté et le droit des réfugiés à retourner dans leur patrie », a poursuivi Arafat.

Il a affirmé en outre que la paix ne pourrait être instaurée entre Israël et les Palestiniens sans « la fin totale de l’occupation et de la colonisation israéliennes ». Il a plusieurs fois répété que les Palestiniens allaient poursuivre leur « lutte pour l’indépendance » dans le but de créer un Etat avec El Qods (Jerusalem Est) pour capitale. Le président américain n’a nullement cité la feuille de route, le dernier plan de paix international, élaboré par le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU) dont les membres ont critiqué la position américaine.

Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a ainsi jugé que la volonté des Palestiniens avait été ignorée. Moscou a lancé un appel au respect des résolutions des Nations unies. Au nom de la présidence européenne, l’Irlande a prévenu que l’UE ne saurait tolérer aucune modification des frontières prévalant avant 1967 « autre que celle issue d’un accord entre les parties ». Pour le président français Jacques Chirac, la remise en cause des frontières constitue un « précédent fâcheux, dangereux ». « Seules les parties concernées ensemble, sur la base d’un plan qu’elles ont agréé ensemble, pourront trouver un accord qui les engage et qui conduise à une paix véritable. Je crains qu’on ne se soit pas engagé sur cette voie », a estimé le président français lors d’une conférence de presse à l’issue d’une visite de travail en Algérie. Bush, qui vise un deuxième mandat à la prochaine élection en cette fin d’année, et dont les récents sondages sont défavorables a cause de la guerre en Irak, veut s’assurer le soutien total du lobby sioniste.

Un tel homme, qui n’a pas hésite à envoyer son armée occuper un pays indépendant et souverain, sur la base de mensonges, est capable d’ignorer tout un peuple ainsi que ses revendications légitimes juste pour continuer de gouverner. Sur le terrain, lors d’une nouvelle incursion, jeudi, de l’armée israélienne dans le camp de réfugiés de Rafah au sud de la bande de Ghaza, un Palestinien a été tué et 21 autres ont été blessés par une roquette tirée par un hélicoptère d’assaut israélien qui participait aux opérations.

Farès Chahine, Ghaza pour El Watan