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L’Algérie se tourne vers les Etats-Unis

 
Profitant de son excellente santé financière, l’Algérie explore les possibilités de partenariat renforcé avec les Etats-Unis et la Russie au détriment de l’Europe, jugée frileuse par certains responsables algériens.
jeudi 20 avril 2006.

La récente visite de Vladimir Poutine à Alger a permis de relancer la coopération entre l'Algérie et la Russie.Le pôle d’attraction que devient Alger pour les responsables militaires américains depuis le 11 septembre est chaque jour confirmé, au point qu’en sept jours seulement, trois personnages de haut rang dans la chaîne de commandement des Etats-Unis avaient visité l’Algérie. Il s’agit de Charles F. Wald, adjoint du commandant des Forces américaines en Europe, Robert Mueller, patron du FBI, et enfin Donald Rumsfeld, un des mentors de la « Total war » menée par Washington tous azimuts.

L’Algérie, dont les caractéristiques d’un pays méditerranéen sont encore trop évidentes pour être occultées, passe aujourd’hui pour être le mieux placé pour servir de modèle : sa lutte antiterroriste date de plus de douze ans, son imbrication dans les programmes communs et les exercices conjoints avec l’Otan est totale, son engagement avec Washington pour endiguer toute menace dans la bande frontalière du Sahel est sans équivoque et son contexte politique (adhésion à l’OMC, réconciliation nationale, implication des islamistes modérés dans le jeu démocratique, retrait de l’armée du champ du temporel, etc.) est très favorable à l’émergence d’une classe de politiciens « intégrés ».

Les choses n’étant jamais innocentes en politique, il y a encore lieu de voir dans cette poussée américaine en Algérie, une bonne tentative de prendre de court les initiatives de l’Euromed et de Poutine et d’amarrer Alger à Washington plutôt qu’à Paris ou Moscou. L’ « ami russe » Vladimir Poutine, depuis son escale à Alger, il y a près d’un mois, et le gros contrat d’armement passé avec l’Algérie, a toutes les chances de voir se renforcer les positions russes dans le Maghreb, devenu tout à coup un enjeu sécuritaire majeur.

Premiers voisins de l’Algérie, liés aux Maghrébins par une histoire millénaire et habitants du même bassin méditerranéen, les Européens ont toutefois cette habituelle parcimonie envers les pays du Sud, qui, en période de disette, traitent avec tout le réalisme du moment. Si l’on compare le volume des échanges commerciaux avec les Etats-Unis et la France, ou la disponibilité de la Russie à aider ou à vendre des équipements militaires à l’Algérie, l’on comprend tout de suite pourquoi la percée des uns s’est faite au détriment des autres. Les visas, les extraditions, la question du Sahara occidental, les relations ambiguës avec le couple algéro-marocain, les événements liés a l’islamophobie, etc, ont été autant de points qui ont miné l’influence de l’Europe en Algérie.

Synthèse de Mourad, algerie-dz.com
D’après l’Expression