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Le jeu politique de Jacques Chirac

 
Le président français, Jacques chirac persiste-t-il à opposer Alger à Rabat dans le règlement de la question du Sahara occidental ?
dimanche 18 avril 2004.

Il est pour le moins curieux que Jacques Chirac, qui estime que la “création d’un État palestinien” demeure une des priorités de son pays, fasse néanmoins preuve de grande retenue, lorsqu’il s’agit du dossier de décolonisation du Sahara occidental.

Au cours de la conférence de presse qu’il a animée, jeudi dernier, dans la capitale algérienne, le chef de l’État français s’est contenté de dire que la question sahraouie doit trouver “une solution relevant de l’appréciation des deux parties, dans le cadre de l’inévitable intégration maghrébine et du droit international”. Il a également soutenu, de façon sibylline, que la France ne cautionnera pas une solution “de nature à poser la moindre difficulté dans les relations entre la France et l’Algérie”.

Comment faut-il interpréter les déclarations de Chirac ? Du pragmatisme français ? Il est difficile d’effacer d’un trait les prises de position de la France en faveur du royaume du Maroc. Il y a quelques mois seulement, le chef de l’État français, en visite au Maroc, a franchement laissé entendre que l’Hexagone soutenait les autorités de Rabat, y compris dans leur position vis-à-vis des “provinces du sud du Maroc” - il faut entendre par-là, le territoire du Sahara occidental. Une position qui, rappelons-le, repose notamment sur la recherche d’une solution qui préserverait “l’intégrité territoriale” du Maroc. Cette attitude a suscité la réaction du gouvernement de la RASD dénonçant “l’alignement inconditionnel” de la France sur les thèses marocaines, lequel piétinerait sur les “droits inaliénables” du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, et retarderait l’ère de la “stabilité” du Maghreb.

L’Algérie en sa qualité de pays observateur du processus de paix au Sahara occidental et de pays voisin immédiat, a eu à s’exprimer sur le conflit et à rejeter les allégations marocaines et de certains milieux français, qui voulaient réduire le dossier de décolonisation à une “affaire algéro-marocaine”. Elle a eu, également, à se prononcer positivement sur le “plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental” des Nations unies, promettant d’apporter “sa pleine contribution au règlement de ce conflit, dans le respect du droit du peuple du Sahara occidental à décider souverainement de son destin à travers un référendum d’autodétermination impartial et libre, organisé et supervisé par les Nations unies”.

Pour revenir à la visite éclair de Jacques Chirac en Algérie, ce dernier a déclaré que la France “ne pose aucune difficulté entre l’Algérie et le Maroc”. Faut-il comprendre par là que le président français a l’intention d’exercer des pressions sur le Maroc, pour le ramener sur le chemin de la légalité internationale et du respect de leurs engagements ? Une telle éventualité n’est pas à écarter, si la France s’en tient toujours à la devise si chère au général De Gaulle : “La France n’a pas d’amis mais des intérêts”.

Hafida Ameyar, Liberté