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Algérie-France : mémoire non partagée

 
L’Algérie et la France ne partagent décidément pas la même vision sur la question de la mémoire relative à l’occupation française du territoire algérien entre 1830 et 1962.
lundi 24 avril 2006.

Les relations entre l'Algérie et la France sont affectées par le refus de la droite française d'admettre les méfaits de la colonisation.Le président de l’Assemblée nationale française Jean-Louis Debré a qualifié dimanche d’ « inutile agression » les propos du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, sur le passé colonial français, ajoutant : « Ne parlons plus du passé, regardons l’avenir ». « J’ai été agressé dans ma conscience de Français », a dit M.Debré au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI, estimant que « ces déclarations ne font pas progresser la cause de la paix ». « L’Histoire, chacun la jugera en son âme et conscience », a-t-il ajouté.

« On ne construit pas la paix en dénonçant les autres », a encore dit le président de l’Assemblée, avant de demander : « Est-ce que la France peut se passer d’une coopération avec l’Algérie ? Est-ce que l’Algérie peut se passer d’une coopération avec la France ? » On a toujours su que les relations algéro-françaises ne peuvent, ne pouvaient, être des relations ordinaires frappées du sceau de la médiocrité. Mais... il y a eu aussi continûment le souci de savoir raison garder surtout lorsque l’on aborde des sujets ayant trait à la mémoire d’un pays -dont les plaies de la colonisation restent ouvertes- qui sans doute a souffert plus que d’autres des méfaits du colonialisme.

Dans un commentaire à la Radio-J (radio juive qui n’est pas connue pour être une partie pro-algérienne) Philippe Douste-Blazy a appelé le président Bouteflika à ne pas « galvauder » l’expression « génocide » indiquant : « Concernant le génocide, un mot qui a été employé récemment, des philosophes et des intellectuels nous ont appris, en particulier (l’écrivain italien) Primo Levi, qu’il ne faut jamais galvauder ce type de terme ». Voilà une occasion historique qu’aura perdue M.Douste-Blazy de se taire d’autant plus que lors de sa visite à Alger (9 et 10 avril derniers) il avait eu l’occasion -lors de ses deux heures de tête-à-tête avec M.Bouteflika- de dire au chef de l’Etat les yeux dans les yeux de ne pas « galvauder » le mot génocide, que le président de la République a eu l’occasion d’employer en réaction à la loi du 23 février adoptée par le Parlement français.

Qui, le chef de la diplomatie française veut-il convaincre lorsque ses propos ont pour support une radio juive, laissant ainsi comprendre que la qualité de « sacrifiés » serait réservée à une catégorie d’êtres humains : les Juifs lesquels -avec dans leur sillage les Européens qui n’ont toujours pas réglé leurs comptes avec leur Histoire passée- brandissent l’Holocauste comme un étendard. Le génocide commis par les Européens -entre 1939 et 1945- contre les juifs aurait-il plus de « valeur » -si nous pouvons nous permettre cette supputation- et de droit de cité que le génocide commis par la colonisation française contre les Algériens ?

Synthèse de Kahina, algerie-dz.com
D’après l’Expression