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Beur TV, Khalifa News, BRTV

L’ENTV à rude épreuve
 
Tout excès étant contreproductif, ce qui était la télévision nationale, désormais une espèce de boîte de communication familiale dirigée par Saïd Bouteflika au seul bénéfice du frère président-candidat, est de moins en moins suivi par les Algériens. Les supplices collectifs quotidiens que sont le JT et les émissions “assimilées” type Injazat (les réalisations de Bouteflika) encore davantage
dimanche 7 mars 2004.

Un peu à l’image de la presse à laquelle le cercle présidentiel tente vainement d’imposer une contre-presse inféodée à la présidence, la “privatisation” de l’unique chaîne de télévision nationale a fait accroître, et de façon fulgurante, l’audience de ces nouvelles “fenêtres” audiovisuelles que sont BRTV, Beur TV et K. News.

Avec des moyens dérisoires sans commune mesure avec les colossales enveloppes dont dispose à satiété l’Unique, ces trois chaînes satellitaires privées émettant à partir de Paris et de Londres rattrapent, quelque peu, l’hystérie de l’ENTV. Et parce que détenues par des ressortissants algériens, elles offrent aux téléspectateurs un produit national dont ils sont sevrés chez eux.
En un mot, ces chaînes mettent pleins feux sur tout ce que ne “voit” pas l’ENTV, c’est-à-dire l’essentiel. Depuis quelques jours, en effet, de plus en plus d’Algériens s’“offrent” le luxe de voir sur leur petit écran, autre que Bouteflika, Ouyahia, Zerhouni, Khalida, des “redresseurs” et des “souteneurs” zélés et désespérément aplaventristes.
Comme c’est d’usage ailleurs, les vrais problèmes, politiques notamment, y sont étalés. Et, suprême “sacrilège” par le cercle présidentiel, l’opposition, particulièrement les concurrents de Bouteflika à la prochaine présidentielle, y trouve une tribune d’expression.

La riposte ne s’est par ailleurs pas fait attendre. Les journalistes accrédités en Algérie tant au profit de ces trois chaînes que des autres grosses boîtes qui ne cadrent pas avec les visées électoralistes de Bouteflika, subissent d’énormes pressions. Les confrères non complaisants se voient ainsi “non programmés” pour la couverture de la prochaine présidentielle ou alors carrément menacés de se voir retirer leurs accréditations

K.A., Le Soir d’Algérie