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La France expulse Abdelkader Bouziane

 
Le ministre français de l’Intérieur, Dominique de Villepin, a décidé l’expulsion immédiate vers l’Algérie d’un imam, Abdelkader Bouziane qui avait déclaré que « battre sa femme est autorisé par le Coran », déclenchant un tollé dans le pays, a annoncé, hier mardi, un communiqué du ministère.
mercredi 21 avril 2004.

Abdelkader Bouziane, de nationalité algérienne, imam de Vénissieux, près de Lyon, dans le centre-est de la France, a été interpellé mardi après-midi, a précisé le ministère. L’expulsion « est une mesure d’ordre public destinée à protéger la collectivité nationale », selon le communiqué du ministère qui a précisé que des poursuites judiciaires pourraient être engagées.

Dans une interview publiée par le mensuel régional Lyon Mag du mois d’avril, Abdelkader Bouziane avait affirmé que « battre sa femme est autorisé par le Coran », notamment en cas d’adultère, et souhaité que le « monde entier devienne musulman ». Ces déclarations ont provoqué un tollé en France, le ministre de la Justice, Dominique Perben, estimant en particulier que l’imam aurait « à s’expliquer devant la justice ». L’imam a été placé au centre de rétention de l’aéroport de Lyon, a indiqué une source policière. « Le gouvernement ne peut tolérer qu’en public soient tenus des propos contraires aux droits de l’homme, attentatoires à la dignité humaine et en particulier à la dignité des femmes, des appels à la haine ou à la violence ou faisant l’apologie du terrorisme », a souligné le ministère de l’Intérieur.

Après la publication de l’interview de l’imam à Lyon Mag, le député-maire communiste de Vénissieux, André Gérin, avait fait part de son indignation et annoncé qu’il allait déposer plainte « pour atteinte à l’ordre public et à la République ». Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur, avait lui aussi vivement réagi. Mais il avait condamné autant les propos de l’imam que l’exploitation médiatique qui en est faite. « Nous sommes excédés, au CFCM, d’être sans cesse harcelés par une médiatisation complètement irresponsable autour de propos extorqués à des imams frustes et ignorants, qui alimente une islamophobie insupportable », avait-il déclaré. « L’islam n’est pas une religion qui bat ses femmes, tue ses enfants et veut la mort de l’Occident », avait souligné le président du CFCM en ajoutant : « Celui qui défend de telles idées n’est pas digne d’être imam. »

Toutefois, selon des sources proches de l’association Es Salem qui gère la mosquée où Abdelkader Bouziane officiait, l’imam aurait contesté les conditions dans lesquelles a été réalisée l’interview. Des responsables de l’association auraient également demandé à l’imam de publier un démenti ou de porter plainte contre le mensuel, selon la même source.

Source : AFP