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Amitié Algérie-France : Bouteflika pose ses conditions

 
Le traité d’amitié entre l’Algérie et la France ne sera envisagé que lorsque Paris présentera des excuses officielles pour les atrocités commises par l’armée coloniale contre les algériens, estime le président Abdelaziz Bouteflika.
samedi 20 mai 2006.

Abdelaziz Bouteflika à l'Elysée en France.Le Chef de l’Etat a, en outre, rappelé que les massacres du 8 mai 1945 étaient d’une barbarie et d’une cruauté « jamais égalées dans l’histoire aussi bien ancienne que moderne de l’Algérie » et qu’ils sont « d’une sauvagerie que nul ne saurait renier » à l’exception de ceux qui sont « frappés de sénilité ou d’amnésie ou encore ceux qui pratiquent la politique de la fuite en avant ». Une demande approuvée par le député turc, Mohamed Kocak, du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, qui a déposé, devant l’Assemblée nationale turc, une proposition de loi visant à punir la négation du « génocide » français en Algérie. Le député a, même, suggéré de faire du 8 Mai 1945 la journée de commémoration du « génocide commis contre les Algériens ».

Le texte qu’il a déposé prévoit une peine d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre les 52.000 euros pour quiconque affirmerait que la France n’a pas commis de génocide en Algérie. Selon le député turc, la France, amnésique et contradictoire dans ses prises de positions, glorifie le colonialisme en Afrique du Nord, tout en tentant de faire voter une loi rendant passible de prison la négation du génocide arménien. Aussi, Abdelaziz Bouteflika a, à ce sujet, appelé la France officielle à « assumer pleinement ses responsabilités historiques » dans le cas où « l’Etat français est véritablement mu par une sincère volonté d’ouvrir une nouvelle page et de jeter les bases d’une amitié authentique bannissant toute forme de rancoeur et de ressentiment ».

En réponse à Catherine Colonna, ministre délégué aux Affaires européennes qui déclarait , mardi dernier, devant l’Assemblée nationale française « laissons aux historiens le soin d’écrire l’histoire et laissons au temps celui d’apaiser les douleurs », le chef de l’Etat rappelle, certes, « nous n’avons d’autre choix que de nous en remettre » en toute objectivité et honnêteté, « à l’arbitrage de l’histoire qui demeure le seul juge entre nous ». Néanmoins, pour le président de la République, l’histoire est là, les faits sont réels et les douleurs encore vives. Et de rappeler que l’Algérie n’est pas « cette nation naïve qui oublie facilement ses malheurs et les massacres perpétrés à son encontre ainsi que la dénaturation de son identité et la destruction de son patrimoine ».

Synthèse de Kahina, algerie-dz.com
D’après l’Expression