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Le sud de l’Algérie talibanisé ?

 
Le sud de l’Algérie pourrait se transformer en zone de turbulences si rien n’est fait pour sécuriser la région proche des territoires quasiment contrôlés par les intégristes armés, les rebelles touaregs et les trafiquants de tous genre.
jeudi 25 mai 2006.

Les marines américains entraînent des soldats nigériens au sud de l'Algérie.Des rebelles touaregs ont occupé, mardi, deux camps militaires à Kidal, dans le nord-est du Mali, apprenait-on de sources militaires. Les assaillants, qui seraient commandés par un ancien officier déserteur de l’Armée nationale, ont usé de camionnettes armées de mitrailleuses pour lancer l’assaut contre les camps situés dans la périphérie de la ville de Kidal qui se trouve au pied du massif de l’Adrar des Ifoghas, aux confins de l’Algérie et du Niger. Kidal est au coeur du nord désertique du Mali, où des nomades touaregs s’étaient soulevés au début des années 1990 en affirmant être négligés et marginalisés par le pouvoir central. Les deux parties ont fini par faire une paix, prévoyant notamment une intégration de combattants rebelles au sein de l’Armée, mais sans faire taire totalement une agitation sporadique. Pour les spécialistes de la question, la révolte touarègue n’est pas totalement annihilée et est restée en sommeil dans ce pays sahélien enclavé qui est l’un des plus déshérités de la planète malgré son coton.

Selon une source militaire, les assaillants seraient des partisans du lieutenant-colonel Hassan Fagaga, un ancien officier et rebelle touareg qui a déserté avec un groupe d’hommes en février. « Il s’agit de partisans de Fagaga, de déserteurs », dit-on à Kidal. L’objectif des assaillants consiste, selon une source malienne, à former « un front uni », à la suite de rumeurs persistantes selon lesquelles l’armée malienne s’apprêterait à reprendre le contrôle de la ville de Kidal. Toutefois, la tension s’est quelque peu atténuée ces dernières 24 heures. En effet, les ex-rebelles touaregs qui ont attaqué mardi des camps militaires du nord-est malien, ont indiqué hier qu’ils souhaitaient « négocier » avec le gouvernement central de Bamako pour le développement des régions septentrionales du pays.

Les Etats-Unis avaient, en fait, commencé à s’intéresser à cette région au lendemain de la « guerre totale » engagée par l’administration Bush contre la nébuleuse Al Qaîda et la dispersion de ses cadres et de ses sympathisants un peu partout dans le monde. On avait vite fait de croire que les salafistes pouvaient avoir des incursions à partir de l’Algérie vers le Mali, le Niger, la Mauritanie (qui avait accusé le Gspc d’être l’instigateur de l’attentat de Lemgheity, durant l’été 2005, thèse qui sera démentie, quelques semaines plus tard, par les aveux de prisonniers libérés faisant partie des Cavaliers du Changement, groupe d’opposition mauritanienne armée d’obédience militaro-salafite), et toutes ces bribes d’idées avaient fini par conforter les experts militaires américains que cette bande du Sahel, longue de plusieurs milliers de kilomètres et qui va de la Mauritanie au Tchad et à la Somalie en passant par le Mali et le Niger, finira par constituer une « rampe de lancement » pour les futurs groupes armés.

Synthèse de Souad, algerie-dz.com
D’après l’Expression