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Baccalauréat 2004 : Il y aura une deuxième session

 
Le baccalauréat 2004 est différent à plus d’un titre. Intervenant au terme d’une année scolaire écourtée par la longue grève des enseignants, il aura lieu plus tard que d’habitude.
lundi 26 avril 2004.

Selon des sources dignes de foi, les épreuves sont fixées aux 26, 27 et 28 juin. “Ces dates seront rendues publiques juste après la formation du gouvernement”, nous a-t-on confié.

Des milieux proches du ministère de l’éducation nationale révèlent également un réaménagement de la formule d’examination avec l’institutionnalisation d’une session de rattrapage, qui aura lieu, dorénavant, au mois de septembre de chaque année sur tout le territoire national. “Un Conseil interministériel, présidé par le Chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, se tiendra incessamment pour trancher cette question”, apprend-on de même source. “L’augmentation des places pédagogiques à l’université a rendu possible l’organisation d’une session de rattrapage”, explique nos interlocuteurs. Ces derniers ont tenu à préciser qu’il ne s’agit pas d’un second examen pour l’ensemble des candidats, comme lors des événements de Kabylie, mais d’épreuves ultimes, dites de seconde chance, destinées aux postulants qui étaient à un pas de la réussite et dont la moyenne oscille entre 9 et 9,99/20. “Les exemples tunisiens et français ont prouvé l’efficacité de cette méthode”, soutient-on auprès du département de Boubekeur Benbouzid. Cependant, au-delà de son aspect stratégique, l’introduction de la session de rattrapage cette année obéit à une exigence de l’heure. D’une durée de quatre mois, le mouvement de protestation des professeurs des lycées s’est dûment répercuté sur la qualité de l’enseignement. Astreints à un smig pédagogique, les candidats au bac ainsi que leurs parents appréhendent l’issue de l’examen.

D’où leur revendication quant à la tenue d’une seconde session. Du même avis, les enseignants, à travers les syndicats autonomes, le Cnapest et le CLA, réclament l’organisation de cette session. Ils arguent du fait que les élèves ont peu de chances de sortir gagnants d’une épreuve aussi décisive. Préparation pédagogique précaire, retard, rattrapage accéléré... toutes ces défaillances méritent correction à leurs yeux avec l’octroi d’un sursis aux candidats malheureux de la session de juin. Les autorités de l’éducation n’en pensent pas moins. Toutefois, leurs motivations ne sont pas similaires.

Une session, des questions
Assurant l’achèvement des programmes scolaires grâce à l’exploitation d’une partie des vacances scolaires à l’organisation d’heures supplémentaires, le département de Benbouzid ne fait aucune différence entre le bac 2004 et les sessions précédentes. “La mise en place d’une session de rattrapage s’inscrit dans le cadre des réformes”, font remarquer des responsables du ministère. Ils citent d’autres domaines en mutation, tels que les programmes et les manuels scolaires. Dans ses diverses déclarations à la presse, Benbouzid évoquait souvent l’inopportunité de l’institutionnalisation de la seconde session.

La disponibilité des places dans les campus justifie-t-elle aujourd’hui sa pertinence ? Les taux de réussite record, enregistrés ces dernières années, ont systématiquement conduit à une pression du nombre dans les universités. En remplaçant le rachat par une session de rattrapage, ne craint-on pas d’augmenter les embouteillages à l’entrée des établissements de l’enseignement supérieur ? En d’autres termes, le gouvernement a-t-il les moyens de sa politique ? Pour l’heure, une seule préoccupation l’anime. Elle a trait à l’organisation de la session du bac en juin. Contrairement aux années précédentes, la date de cet examen est le résultat d’une large consultation qui a impliqué également les syndicats autonomes. “L’annonce a été retardée pour ne pas faire du bac une surenchère électorale”, affirment nos sources.

Évènements de Kabylie, séisme et fuites de sujets
Des examens pas comme les autres
Examen unique, le baccalauréat a de tout temps constitué la hantise des candidats et de leurs parents. Pour obtenir la clé de sésame, les postulants devaient, outre leurs efforts et leur assiduité, croiser les doigts. Car il suffit de rien, parfois du trac, pour gâcher les chances des postulants. Assorti d’un système de quota, non reconnu, le bac est devenu une épreuve presque insurmontable. D’où l’insistance d’une grande partie de la famille de l’éducation pour l’instauration d’une seconde session.

Arguant d’une machine trop lourde et coûteuse et de l’insuffisance de places pédagogiques à l’université, les gouvernements successifs ont manifesté un niet catégorique. Une seule fois, les autorités ont consenti à la satisfaction de cette demande, lors des évènements sanglants de Kabylie en 2001, durant lesquels les élèves de Tizi Ouzou, de Béjaïa et de Bouira avaient largement boycotté la session de juin. L’année dernière, le tremblement de terre du 21 mai, qui avait terriblement affecté les populations d’Alger et de Boumerdès, a donné lieu à l’organisation d’une session exceptionnelle, en septembre, au profit des candidats des deux wilayas. En 1991, les épreuves du bac étaient annulées et refaites après la confirmation de fuites de sujets.

Par Samia Lokmane, Liberté