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“Réunification” du FLN : Les redresseurs posent leurs conditions

 
La belle réconciliation, affichée ostensiblement, entre les redresseurs et les pro-Benflis n’aura duré finalement que le temps d’une illusion.
lundi 26 avril 2004.

Les premières réunions des représentants des deux tendances ont tôt fait de raviver les dissensions et surtout les rancœurs. “Ils veulent transformer leur défaite en victoire”, nous déclare tout de go Abdelawahid Bouabdallah, l’un des premiers cadres du FLN à manifester publiquement son hostilité à la ligne politique imprégnée au parti par son ex-secrétaire général Ali Benflis.

Le premier couac est apparu, lors des discussions sur les modalités d’organisation du congrès réunificateur. Le groupe, dirigé par Abdelkrim Abada, refuse de reconnaître une commission de préparation de ces assises présidées par Abdelaziz Belkhadem, tel qu’il a été décidé par le congrès d’étape, organisé au mois de janvier dernier. En retour, les leaders du mouvement de redressement ne veulent plus entendre parler de l’instance mise en place à l’issue de la session extraordinaire du comité central convoquée, la semaine dernière par Ali Benflis et dans laquelle siègent ses collaborateurs. Au final, les représentants du mouvement de redressement posent cinq conditions comme préalable à l’organisation du prochain congrès.

En premier lieu, il est demandé de revenir aux anciens textes du parti et de ne plus se référer aux instances issues du VIIe congrès dont le mandat a expiré il y a plus d’une année. Toutes les personnes, qui “ont utilisé la violence par le verbe, l’écrit ou l’acte contre le président de la République ou les institutions de l’État” ne doivent avoir aucun accès aux postes de responsabilité au sein du parti. Le FLN devra tenir son congrès en tant que membre de l’alliance présidentielle, c’est-à-dire, un parti qui soutient le programme du président de la République.

La cinquième condition exige que les électeurs des congressistes présentent une carte de militant antérieure à 2002. Réfutant tout problème entre les deux tendances du FLN, Abdelkrim Abada rejette le terme de “conditions” pour ne parler que de “propositions”. “Nous avons demandé que leurs propositions nous soient soumises par écrit. Nous les étudierons”. Bien qu’usant d’un ton conciliant, notre interlocuteur ne montre aucune disposition de la tendance qu’il représente à faire des concessions à l’autre aile. “Personne ne peut nous exclure”, nous dit-il avec assurance.

Il semblerait que les partisans de Ali Benflis livrent une bataille tactique pour se maintenir en bonne place à la direction du Front. Leurs adversaires l’ont compris sur le tard. “Benflis s’est retiré par ruse, mais la stratégie est la même”, souligne A. Bouabdallah. Dès lors, les dirigeants du mouvement de redressement se préparent à l’offensive. “S’il refuse nos conditions, nous demanderons la notification de la décision de justice”, ajoute-t-il.

En toute vraisemblance, le temps de l’apaisement est bel et bien fini, y compris pour le président de l’APN, Karim Younès, dont le départ est plus que jamais exigé. “Nous ne savons pas d’où il a reçu des assurances, mais en ce qui nous concerne (députés des partis de l’alliance présidentielle, ndlr) nous ne voulons plus de lui. Nous boycotterons les plénières qu’il présidera”, affirme le parlementaire.

Par Souhila H., Liberté