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En Algérie, le pouvoir et les islamistes ont le même discours

 
Mouloud Hamrouche a affirmé qu’en Algérie, le pouvoir du président Abdelaziz Bouteflika et les intégristes islamistes ont le même discours, à l’occasion d’un séminaire sur le dialogue UE-Maghreb qui s’est tenu à Madrid sous le thème « Du coût du non-Maghreb au tigre Nord-africain ».
lundi 29 mai 2006.

Mouloud Hamrouche entourés de Djaballah et de Ait-Ahmed.L’ancien Chef du gouvernement a prononcé une première conférence le mercredi 24 mai autour du thème : “Sécurité et démocratie”, un thème “provocateur” selon ses termes. “La corrélation sécurité et démocratie est au cœur des crises des pays du Sud et des régimes autoritaires”, assène-t-il d’entrée. “Quelles sont les limites du compromis entre ces deux exigences ?” s’interroge-t-il.

Développant une analyse ouvertement critique comme à son habitude, Mouloud Hamrouche estime que les dépassements des régimes autoritaires dans nos pays du Sud ont entraîné “une confusion entre l’étatique, le politique, le religieux, l’économique, le social et le culturel”. “Cette confusion, poursuit-il, est souvent génératrice de pratiques de passe-droit, de corruption et d’abus de pouvoir. Ce sont ces conditions qui enfantent l’insécurité, créent de l’injustice et génèrent des zones de non-droit”.

Plus loin, il fera observer : “En Algérie, le pouvoir et les islamistes ont le même discours. Ils présentent la démocratie comme un produit de l’Occident ou d’un autre monde.” Hamrouche se défend farouchement d’avoir cautionné un quelconque abus de pouvoir alors qu’il était chef de l’Exécutif : “Jamais mon gouvernement n’a pris une décision en dehors de la loi. J’ai d’ailleurs été accusé de laxiste parce que j’obligeais les services de sécurité à agir dans le cadre de la loi. J’ai interdit au gouvernement de toucher à l’argent en dehors du budget”.

Lors de sa deuxième intervention, prononcée le vendredi 26 mai, Mouloud Hamrouche a poursuivi avec la même causticité son diagnostic sur les raisons de la “panne” des sociétés maghrébines, qu’elles soient bénies par le pétrole ou pas. “Si l’échec de l’Algérie était dû à la mauvaise gestion pétrolière, pourquoi le Maroc et la Tunisie n’ont-ils pas réussi à décoller ?” martèle-t-il. Et de rebondir sur l’impéritie de nos régimes et la “stupidité” de nos gouvernants, qu’ils soient monarques constitutionnels ou “despotes autoproclamés” (dussent-ils être “éclairés”).

Synthèse de Ahlem, algerie-dz.com
D’après Liberté