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Black-out total sur la mutinerie à la prison de Béjaïa

 
Au lendemain de la mutinerie de Béjaïa, les autorités concernées maintiennent le black-out autour des circonstances dans lesquelles a éclaté la révolte de près d’une centaine de prisonniers qui se sont perchés, durant toute l’après-midi de dimanche, sur les toits en tuile des trois blocs formant le centre de rééducation d’El-Khemis.
mardi 27 avril 2004.

Face à ce silence inexplicable affiché par les officiels de Béjaïa, l’opinion publique locale se trouve livrée à toutes les spéculations qui se nourrissent de rumeurs colportées çà et là dans la rue bougiote. Selon une source pénitentiaire, cette mutinerie, première du genre dans l’histoire de la maison d’arrêt de Béjaïa, serait provoquée par la fugue spectaculaire d’un détenu, ex-gendarme de son état, qui a eu lieu la veille de cette révolte dans l’enceinte de l’hôpital Khelil-Amrane où il a été évacué d’urgence, après avoir simulé une maladie.

Il s’agirait, en effet, d’un certain Mouloud Redjal, âgé de 27 ans, originaire de Semaoune (wilaya de Béjaïa) et ancien gendarme à Mila condamné à 10 ans d’emprisonnement pour avoir agressé en 2001 avec une arme à feu un propriétaire d’une auto-école à Souk el-Tenine. Ce dangereux prisonnier, en cavale depuis samedi soir, a réussi sa dérobade en se faufilant entre les patients se trouvant au pavillon des urgences, avant de s’évaporer dans la nature. La responsabilité de cette évasion incombe assurément aux agents de sécurité ayant accompagné ce détenu à l’hôpital, lesquels auraient fait preuve d’inadvertance.

Notre source affirme que la mutinerie de dimanche serait planifiée par cet ex-gendarme de connivence avec d’autres prisonniers réfractaires. Par ailleurs, une autre version, rapportée par certains fonctionnaires de la justice à Béjaïa, soutient que cette révolte des prisonniers serait due au débrayage observé par les gardiens en faction en cette matinée de la journée de dimanche dernier. Pour rappel, les mutins de Béjaïa réclament “une grâce amnistiante”, dénoncent “les lenteurs judiciaires” et exigent “l’humanisation de leurs conditions carcérales”.

source : Liberté