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Béjaïa : Des familles de détenus dans le désarroi

 
Le transfert, avant-hier, de près de 80 détenus de la prison de Béjaïa vers d’autres établissements de détention à travers le pays est la première mesure prise après la mutinerie du dimanche dernier.
vendredi 30 avril 2004.

Une mesure qui laisse des familles entières dans le désarroi. Des parents de prisonniers, sans nouvelles des leurs depuis le fameux acte de désobéissance, se sont agglutinés hier devant l’enceinte pour demander à les voir, Nombreux d’entre eux découvriront sur place que le détenu qu’ils étaient venus quérir a fait partie du contingent transféré la veille.
Un homme saura ainsi que son fils est désormais orienté à Sétif, et un gardien s’est contenté de lui remettre le numéro de téléphone de l’établissement pour toute orientation, selon ce qu’il nous a confié au sortir de la prison. La famille d’un détenu est venue de France pour se rassurer du sort de son fils après avoir eu connaissance de ce qui s’est passé via un site internet. Une vieille femme apprendra seulement que son fils a été transféré sur M’sila. Hormis le lapidaire communiqué du parquet général de Béjaïa, diffusé le soir de la mutinerie, le black-out reste de rigueur sur le sujet du côté des autorités. Tout porte à croire néanmoins que le transfert des prisonniers procède de la sanction envers des détenus visiblement identifiés comme ayant participé à la mutinerie.
Une autre source nuance que le traitement ne serait pas le même pour tous les détenus transférés. Selon un avocat contacté hier, les concernés seront poursuivis pour leurs actes de désobéissance conformément à ce que prévoit la loi et indépendamment de tout éventuel « arrangement » qu’ils auraient eu avec les autorités dans le propos des négociations entreprises.

L’enquête administrative déclenchée par la direction centrale concernée auprès du ministère de la Justice, et qu’un inspecteur principal mène depuis trois jours, continue son cours, apprend-on, en l’absence de toute communication des instances judiciaires locales que nous n’avons cessé de solliciter.
Ainsi, le secret demeure entier sur les circonstances de la mutinerie et notamment, sur la grande facilité qu’ont eue les mutins pour se retrouver sur les toits de la maison d’arrêt.

Par M.S., El Watan