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L’Algérie s’attaque aux financiers du terrorisme

 
L’Algérie s’attaque aux fondements financiers du terrorisme avec la création d’une unité spéciale de la Sûreté nationale dont la mission sera axée sur la traque des réseaux de financement du terrorisme, du crime organisé et du grand banditisme.
dimanche 16 juillet 2006.

L'Algérie s'attaque aux financiers du terrorisme. Rackets, enlèvements, menaces par téléphone, trafic de drogue, de sable, de véhicules et de faux documents, sont autant de moyens utilisés pour amasser des fortunes incommensurables et les blanchir par la suite par le biais, le plus souvent, de proches parents. “Nous voulons sortir de la vision classique de la lutte antiterroriste et combattre avant qu’il ne soit trop tard la criminalité organisée et transnationale appelée à prendre de l’ampleur”, explique notre source.

Le travail de cette équipe consiste à enquêter sur les ramifications d’une activité suspecte, de façon à établir son lien avec le terrorisme et la grande criminalité. Les services de police savent déjà que l’argent des rançons dans des cas d’enlèvement sert à créer des sociétés en suivant la procédure légale. L’argent est souvent également investi dans la création d’une ligne de transport public. Les véhicules subtilisés sont soit désossés pour récupérer les pièces détachées qui sont revendues sur le marché parallèle, soit maquillés pour le propre usage des auteurs de ce trafic. Ce n’est donc pas un hasard que les sociétés de transport privées se multiplient en Algérie et couvrent plus de 60% des besoins au niveau national. Les transporteurs privés détiennent 86% des parts du marché dans la wilaya de Blida dont dépend administrativement la localité de Larbâa, fief de l’AIS.

Face à la baisse de l’aide financière qui lui parvenait de leurs relais en Europe et de certains pays arabo-musulmans, au tarissement de leurs réseaux de soutien au sein de la population, ce qu’on appelle désormais le microterrorisme verse dans l’enlèvement, le racket, les attaques contre les banques, les postes, les caisses d’épargne, les convois de fonds et les entreprises privées et publiques. Ces sommes faramineuses que ni les terroristes, ni les réseaux maffieux ne peuvent se permettre de garder longtemps dans une cache sont aussitôt blanchies. On estime, aujourd’hui, le financement du terrorisme à partir de recettes d’apparence légale à environ 80%. Selon une source au niveau de la commission de la Cellule de traitement de renseignement financier (CTRF), il faut surtout faire attention aux transactions immobilières qui deviennent des “valeurs refuges”, sûres pour le blanchiment d’argent. C’est pour cette raison qu’on pense à réglementer l’activité des agences immobilières, de façon à ce qu’elles jouent un rôle dans la détection et le signalement de toute transaction douteuse.

Synthèse de Mourad, algerie-dz.com
D’après Liberté