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Assassinat d’Akhmad Kadyrov, président tchétchène pro-russe

 
Le président tchétchène pro-russe, Akhmad Kadyrov, a été tué hier dans un sanglant attentat à Grozny, selon des sources concordantes. Le chef de l’État russe, Vladimir Poutine, a aussitôt averti que “le châtiment” des responsables de l’attaque était “inévitable”.
lundi 10 mai 2004.

Le commandant des forces russes en Tchétchénie, le général Valéry Baranov, a, quant à lui, été “grièvement blessé dans l’attentat, commis par des rebelles au stade Dynamo, et les médecins se battent pour sauver sa vie”, a déclaré le chef du service de presse des forces du ministère russe de l’Intérieur, Vassily Pantchenko, cité par l’agence Ria-Novosti. Auparavant, une source militaire citée par l’agence Interfax avait indiqué que le général Baranov avait également trouvé la mort à la suite de l’explosion d’une bombe. Des responsables russes ont dit à l’AFP qu’Akhmad Kadyrov, sur lequel reposaient les espoirs de Moscou d’asseoir son contrôle sur la république caucasienne, était décédé à l’hôpital où il avait été transporté à la suite de l’attentat.

Le ministère russe des Situations d’urgence, cité par Ria-Novosti, et une source au ministère tchétchène de l’Intérieur, citée par Interfax, ont confirmé son décès. Au moins 32 personnes, dont le président tchétchène, sont mortes et 46 autres blessés, lors de cette explosion. Aslan Khasanov, un reporter photographe de l’agence Reuter, fait partie des morts, ont affirmé à l’AFP des sources hospitalières. La déflagration s’est produite à 10h35 heure locale (06h35 GMT) au stade Dynamo de Grozny, la capitale de la Tchétchénie, au cours d’une cérémonie commémorative de la victoire de 1945 sur les nazis, traditionnellement organisée le 9 mai en Russie. “L’engin explosif était placé au centre de la principale tribune du stade”, a dit un policier tchétchène cité par Ria-Novosti. “Il ne fait aucun doute que le châtiment sera inévitable pour ceux contre lesquels nous nous battons aujourd’hui”, a réagi M. Poutine. Quelques minutes avant l’attentat, le président russe était apparu sur la place Rouge à Moscou à l’occasion du défilé militaire pour le 59e anniversaire de la victoire contre l’Allemagne nazie. Vladimir Poutine avait engagé les troupes en Tchétchénie en octobre 1999, alors qu’il était encore Premier ministre, dans ce qu’il a toujours qualifié d’“opération antiterroriste”.

Depuis, les autorités russes ont affirmé à plusieurs reprises que la situation dans la république caucasienne était en voie de normalisation, mais les attaques de rebelles indépendantistes contre les forces russes, notamment à l’aide de mines télécommandées, se poursuivent sans relâche. Les rebelles tchétchènes ont fréquemment frappé les forces russes à l’occasion de célébrations, depuis le début, en octobre 1999, du deuxième conflit russo-tchétchène. M. Kadyrov, 52 ans, ancien administrateur de la Tchétchénie, que les rebelles indépendantistes tchétchènes avaient essayé de tuer à plusieurs reprises, a été élu à la tête de la République en octobre dernier, à l’issue d’un scrutin controversé. Le président, qui avait combattu aux côtés des indépendantistes lors de la première guerre russo-tchétchène (1994-1996) avant de changer de camp lors de la deuxième, n’avait pas caché son objectif : une lutte acharnée contre les séparatistes.

Source : Liberté