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George W. Bush écrit à Abdelaziz Bouteflika

 
Le président américain George W. Bush a annoncé, dans une lettre adressée hier au président Abdelaziz Bouteflika, la visite de son sous-secrétaire d’Etat, William Burns, chargé du Moyen-Orient et de l’Afrique, à Alger au cours du mois de mai.
mardi 11 mai 2004.

Officiellement, ce déplacement est motivé par le seul souci de Washington de discuter des « possibilités de développer encore plus les relations entre les deux pays », note le patron de la Maison-Blanche. Officieusement, il est principalement question pour les deux parties d’aborder le dossier irakien. A l’approche de la date fatidique du 30 juin, les Américains veulent s’assurer, à vrai dire, de leurs soutiens dans le monde arabe pour le suivi de la gestion des affaires de l’Irak après le transfert effectif de la souveraineté nationale aux responsables politiques locaux.

L’Algérie semble irréversiblement engagée dans cette voie après avoir été désignée pour le suivi de cette question par la dernière réunion des ministres arabes des Affaires étrangères aux côtés de la Tunisie et de Bahreïn. L’objectif des Américains ne s’arrête pas à ce niveau. La Maison-Blanche, qui espère ficeler définitivement les mécanismes du transfert de la souveraineté aux Irakiens pour qu’elle puisse garantir ses intérêts dans la région, compte gagner l’appui de l’Algérie lors de la prochaine réunion du Conseil de sécurité. Une réunion qui se tiendra dans les tout prochains jours. A l’occasion, les Américains présenteront un nouveau projet de résolution auquel l’Algérie sera convié à voter favorablement. Le retour de M. Burns à Alger, après sa première rencontre avec les autorités algériennes en octobre dernier, n’a, en effet, pas d’autre visée que celle de relancer l’Algérie sur ce projet concocté exclusivement par la Maison-Blanche.

Dans sa lettre, le président américain n’a pas manqué à ce propos de relever qu’« il aura des consultations étroites avec le président Bouteflika sur les questions diplomatiques pendant et après l’admission de l’Algérie au Conseil de sécurité des Nations unies ». C’est dans ce contexte que la visite de william Burns trouve toute sa signification. Autre fait, comme les félicitations adressées par Bush à Bouteflika après sa réélection, signalent les observateurs. Cela dit, le président américain, malgré la contestation des résultats des élections du 8 avril dernier, a saisi cette opportunité pour se déclarer « ravi de l’engagement du peuple algérien à la réalisation d’une démocratie complète pour tous ». «  L’Algérie peut devenir le porte-étendard d’une vision d’une réforme politique importante qui peut triompher sur la violence extrémiste », a-t-il souligné, avant d’ajouter que « les Etats-Unis souhaiteraient vous aider à réaliser votre vision d’une Algérie en paix, stable, prospère et démocratique ». Sur le plan économique, il a signalé que « les rencontres régulières sur l’accord-cadre sur le commerce et l’investissement (Tifa) produiront les genres de décisions qui pourront aider l’Algérie à intégrer l’économie globale et apporter à son peuple les précieux avantages de l’économie de marché ».

Par Nadir Benseba, Le Matin