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Les promesses du gouvernement Ouyahia

 
Le nouveau programme du gouvernement Ouyahia (APN) n’apporte aucune nouveauté par rapport au précédent. Déposé hier sur le bureau de l’Assemblée nationale populaire (APN) après son adoption, la veille, en Conseil des ministres, ce document de 51 pages est à tout point de vue similaire au précédent.
jeudi 13 mai 2004.

Ce projet de programme, qui reconduit les principes généraux régissant l’ancien, n’avance, par ailleurs, que très peu de chiffres comme instruments de mesure et de rares précisions sur les délais de sa réalisation. C’est en somme un programme s’inscrivant dans la continuité. C’est ce qui est d’ailleurs précisé dans l’introduction de ce document : “Un programme présidentiel frappé du sceau de la continuité et de l’approfondissement des réalisations du quinquennat précédent.”

Dans son contenu, la copie que devra présenter prochainement le Chef du gouvernement Ahmed Ouyahia devant les députés de l’Assemblée nationale s’assigne quatre objectifs principaux : “Parachever la réconciliation nationale pour la stabilité du pays, renforcer et moderniser l’État au service des citoyens, poursuivre un développement économique soutenu et durable, et promouvoir une politique socioculturelle à la mesure des ambitions nationales.”

Plaçant “la promotion de la réconciliation nationale” comme la priorité des priorités, le projet de programme du gouvernement Ouyahia n’en définit pas pour autant le contenu. Se contentant de généralités, le gouvernement indique que “la réconciliation nationale est une attente très forte de la nation algérienne qui a payé un lourd tribut à la crise grave dans laquelle notre pays s’est retrouvé il y a plus d’une décennie”. “Ce tribut, poursuit-il, a été dramatique en vies humaines, coûteux en patrimoine détruit et lourdement entravant pour le développement national.” Et d’ajouter : “Grâce à des sacrifices nationaux indicibles et grâce à la politique de concorde civile prônée par le président de la République et soutenue par le peuple, la sécurité a été largement rétablie dans le pays accompagnée de la relance du développement.” “Ce sont ces acquis, relève-t-il, qu’il s’agit de transformer en une réconciliation nationale globale et durable, pour laquelle, le chef de l’État a pris un engagement solennel devant le peuple souverain”. Ce document, qui ne précise pas la nature et le détail de l’engagement présidentiel, s’agissant de cette “réconciliation nationale”, notera que “le gouvernement s’investira avec conviction”. Sur cette même question, tout en relevant que l’Exécutif “s’attellera à la poursuite de la lutte contre le terrorisme”, le projet de programme promet, encore une fois, de “prendre en charge les victimes du terrorisme, la question des disparus”. Tout comme il s’engagera à la réinsertion sociale des terroristes repentis. Intégrant la question de la crise en Kabylie dans le projet de “réconciliation nationale”, la copie d’Ouyahia prévoit de “parachever son règlement”.

Évoquant dans le même temps la question des réformes structurelles considérées comme étant inhérentes “à la réconciliation nationale et au développement”, le projet de programme du gouvernement citera la réforme de l’État, de l’enseignement supérieur, de la justice et de l’économie. Une “modernisation” de l’État en forme de statut Abordant la réforme et la modernisation de l’État, la copie de l’actuel gouvernement promet une amélioration du statut et des qualifications des agents de l’État, notamment par la révision du statut général de la Fonction publique, qui, précise-t-il “est en cours de finalisation”. L’amélioration du service public et le développement de la décentralisation figurent également parmi les engagements du programme du gouvernement. Sur ce dernier point, il s’agira pour l’Exécutif de faire aboutir la révision du code de wilaya et du code communal, l’instauration d’un nouveau régime de fiscalité locale et “une mise à jour rationnelle du découpage territorial, vingt ans après la mise en place de l’actuel”. La réforme de la justice est aussi présentée comme une priorité dans le programme de l’Exécutif. À ce sujet, il est précisé que le code de la famille sera “parachevé, à très brève échéance”. Au plan social, le gouvernement envisage une livraison d’un million de nouveaux logements durant les cinq prochaines années. La résorption du chômage est également au menu des priorités sociales. Le chapitre santé est mis en exergue dans le projet de programme.

C’est ainsi qu’on parle de l’amélioration des soins curatifs, de la réforme hospitalière, de la politique du médicament et de la valorisation des ressources humaines de la santé. Au chapitre de la protection sociale, il est prévu outre une réforme et une révision des mécanismes de cette dernière, la poursuite de la protection sociale des moudjahidine et des ayants droit, le développement de la médecine du travail. Ce programme sera-t-il concrétisé ou s’agit-il seulement d’une profession de foi ?

Les Grandes lignes du programme

- L’Enseignement

Le programme concerne premièrement “la réforme de l’éducation nationale, celle de l’enseignement supérieur ainsi que la formation professionnelle”. La réforme de l’éducation nationale porte sur trois chapitres : “La formation des enseignants, la refonte de la pédagogie et la réorganisation du système pédagogique”. La réforme de l’enseignement supérieur, quant à elle, concerne la “réorganisation de l’architecture des enseignements supérieurs et l’actualisation des curricula ; la mise en place d’un plan de formation des formateurs ; la réforme des œuvres universitaires et enfin le développement de la recherche scientifique”. Pour ce qui est de la réforme de la formation professionnelle, elle englobe “la réhabilitation de la formation aux métiers manuels et l’adaptation de la formation professionnelle aux besoins de l’économie”.

- La Jeunesse

Il sera question du “renforcement de la fonction éducative des différentes structures intervenant dans le domaine de la jeunesse, la promotion de la vie associative des jeunes pour développer leur participation aux programmes d’activités à la jeunesse, développement des espaces de dialogue et d’écoute en faveur des jeunes, développement de programmes d’activités des sports et de loisirs de proximité dans les communes et la promotion des échanges de jeunes entre les différentes régions du pays”.

- Le Sport

“Le gouvernement entend élaborer une carte sportive nationale à travers le recensement exhaustif des potentialités existantes ; il intensifiera les programmes intersectoriels notamment en matière de lutte contre la violence dans les stades, de la lutte contre le dopage, de l’insertion des handicapés par le sport et la promotion du sport féminin”.
Tout comme le gouvernement s’engage à “la normalisation du système de financement public des activités sportives, la mise sur pied de mécanismes réglementaires pour la réorganisation des structures sportives, la refondation des disciplines sportives classées prioritaires et la mise sur pied d’une stratégie de sport d’élite et de haut niveau”.

- La Défense Nationale

“Prise en charge de la modernisation et de la professionnalisation du potentiel de la défense nationale organisée autour de l’Armée nationale populaire (ANP) et promotion de la coopération internationale dans le domaine militaire”.

- La Communication

“Soutien au développement de la presse écrite, révision de la loi sur l’information ainsi que l’élaboration d’un code de la déontologie conforme aux normes universelles”.

- Code de la Famille

Le gouvernement promet de “parachever le Code de la famille dans un bref délai” dans le cadre “de nos valeurs spirituelles et les principes constitutionnels d’égalité entre les citoyens avec comme objectif la protection de la famille, de la femme et de l’enfance”.

- La Justice

Il sera question selon le projet de programme du gouvernement de “finaliser la révision des codes civils et de procédures civiles, pénal et de procédure pénale, du code de commerce. La formation de nouveaux magistrats sera renforcée pour relever de 50% l’effectif du corps des magistrats et la réforme pénitentiaire”.

Par Nadia Mellal, Liberté