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Algérie : le dossier des salaires impayés en suspend

 
La question des salaires impayés en Algérie devrait être au coeur de la rencontre annoncée entre le secrétaire général de l’UGTA et le ministre de la Participation et de la Promotion de l’investissement.
jeudi 14 septembre 2006.

Algérie : le dossier des salaires impayés en suspend. De mille travailleurs en sit-in depuis samedi sur l’esplanade du siège de la centrale syndicale, ils sont passés hier à près de deux mille, après que ceux du circuit de distribution, ou ce qui est appelé les anciennes galeries, se sont joints à eux. Si pour ces derniers, l’on estime du côté de la centrale syndicale que le problème a été réglé après la dissolution des galeries entre 1997 et 1998, pour les premiers, on plaide au contraire la légitimité de la revendication. En effet, les responsables syndicaux estiment que le cas des travailleurs des galeries algériennes relève des compétences du ministère du Commerce, « puisque c’est lui qui leur a promis de le leur régler ». L’UGTA rappelle que l’ensemble des travailleurs du secteur de la distribution avaient perçu « dans un temps légal » leur prime de licenciement pour raison économique.

Quant au problème des 30.000 travailleurs, la centrale syndicale s’insurge « contre le retard qu’ont pris et continuent de prendre les pouvoirs publics pour le régler ». Il est évident que le gouvernement craint de débloquer ces salaires tellement l’enveloppe qu’il doit leur allouer pèsera lourd sur le Trésor public. L’on relève dans les tableaux récapitulatifs de cette situation que la Société de gestion de participation du bâtiment et des travaux publics, à elle seule, doit débourser à cet effet, par le biais des caisses de l’Etat, l’équivalent de près de 40 milliards de centimes. L’on reconnaît certes que les travailleurs du secteur du BTPH en Algérie coûteront dans ce cas le plus cher à l’Etat eu égard à l’importance des arriérés de leurs salaires. Ils représentent 5.000 des 30.000 travailleurs concernés. Ils sont issus de 14 entreprises au sein desquelles ils n’ont pas perçu leurs salaires sur une période allant d’un mois à un an.

Pour rappel, c’est au début de l’année en cours que Ahmed Ouyahia, alors chef du gouvernement, et Abdelmadjid Sidi Saïd ont convenu d’un accord pour le règlement définitif d’un problème qui dure depuis 1995. Le dossier des salaires impayés rappelle, par son défaut de règlement, celui de l’exécution des décisions de justice. Ils ont en tout cas un dénominateur commun, celui de faire apparaître l’indiscipline des institutions de l’Etat à respecter leurs propres lois. L’Etat, à travers ses démembrements, tarde en effet à régler des situations qui pourtant pourraient constituer de grands obstacles à la paix sociale. Ceci d’autant que les partenaires sociaux négocient actuellement un pacte national économique et social devant en principe mettre à plat toutes les questions en suspens pour l’assurer au moins sur une période de cinq bonnes années.

Synthèse de Souad, algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran