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Le triomphe des islamistes en Algérie

 
Le retour des islamistes du FIS sur la scène politique en Algérie n’est plus un sujet tabou à en croire les propos du ministre d’Etat, l’islamiste Boudjerra Soltani, qui se dit ouvert à l’idée de la création par Rabah Kebir d’un nouveau parti sur les cendres de l’ex-FIS.
samedi 23 septembre 2006.

Le triomphe des islamistes en Algérie. Boudjerra Soltani rappelle qu’il s’est déplacé à l’étranger pour rencontrer les exilés du FIS dissous. Ils lui ont fait part des contraintes administratives qui les empêchaient de retourner en Algérie, comme le formulaire-engagement contraignant qu’ils devaient signer aux consulats. Il a dû rencontrer certains ambassadeurs et leur expliquer que ces contraintes administratives étaient inadmissibles. Dès lors, les choses ont beaucoup évolué, soulève-t-il. « Le slogan la mithak la doustour est révolu, indique-t-il, ils sont pour le respect des normes ». Sollicité de se prononcer sur l’avis émis par Ouyahia concernant la création de ce genre de parti, il a indiqué qu’il ne s’agit pas de calendrier. Il considère que le retour aux années 90 n’est plus possible et que « la convalescence » de l’Etat touche à son terme.

Comme dans un sursaut de récupération, Soltani dit en substance : « Quand Rabah Kébir s’est exprimé, quelqu’un m’a dit qu’il est en train de développer nos thèses, j’étais très content de la réflexion parce que Kebir a beaucoup évolué. J’aurais souhaité que le peuple entier s’ouvre à nos idées ». Mais est-ce qu’il est disposé à rencontrer Kébir ? « Oui, mon bureau est ouvert à tous les citoyens, s’il le souhaite, il est le bienvenu », répond-il. Soltani considère que le « terrorisme idéologique » n’existe plus en Algérie. « Il y a des bandits, des criminels qui dressent des faux barrages pour dépouiller les gens de leurs biens. L’Etat doit les combattre en tant que tels ». Quant à la réconciliation nationale, « c’est comme la solde ; lorsque la solde est terminée le client peut encore acheter, certes à des prix plus chers, mais il peut le faire. On ne peut dire à ceux qui veulent revenir à la société de ne pas le faire ».

Selon le premier responsable du MSP, la Charte reste valable, d’autant que le président a toute la latitude de prendre les décisions qu’il juge utiles au moment opportun. Sur un tout autre registre, Soltani indique : « Il n’est pas possible d’enlever la barbe et le voile pour des photos d’identité parce que des ministres en portent et leurs femmes portent le voile », avant d’enchaîner sur un ton caustique : « Il vaut mieux interdire à celui qui porte la barbe de la raser pour être reconnaissable sur la photo ». Voilà une réponse claire émanant d’un ministre d’Etat à un autre ministre de souveraineté, en l’occurrence le ministre de l’Intérieur. Mieux, Soltani souhaite un remaniement ministériel. Il trouve que certains ministres sont fatigués. On ne sait s’il parle des ministres du MSP ou d’un autre parti. « Le train doit s’arrêter pour faire descendre certains et en laisser monter d’autres », dit-il.

Synthèse de Kahina, algerie-dz.com
D’après l’Expression