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Algérie : Bouteflika s’en prend aux juges

 
L’incompétence des juges en Algérie a été dénoncée par le président Abdelaziz Bouteflika, qui, en tant que premier magistrat du pays, semble avoir oublié qu’il profite lui même de la médiocrité et de la corruption d’une justice aux ordres.
jeudi 28 septembre 2006.

Algérie : Bouteflika s'en prend aux juges Sept ans après avoir lancé la réforme de l’appareil judiciaire, le premier magistrat du pays constate amèrement que les objectifs attendus n’ont pas été réalisés. “La réforme de la justice en Algérie ne consiste pas uniquement en l’élaboration et la promulgation de lois. Il s’agit tout d’abord de transformer la mentalité du magistrat et de modifier son comportement à l’égard du justiciable”, observe-t-il. Sa quête de changement dans les mœurs des juges dans le sens d’un plus grand dévouement et de rentabilité ne date pas d’aujourd’hui. Depuis son investiture en 1999, le chef de l’État a toujours ponctué ses discours de la nécessité de pourvoir la magistrature d’hommes de confiance.

“Garant de la légalité et du respect des lois, le magistrat doit en permanence faire preuve de vigilance et de sens de responsabilité”, a-t-il martelé hier dans un discours prononcé au cours de la cérémonie d’ouverture de l’année judiciaire au siège de la Cour suprême. “Classique” est l’attribut utilisé par de nombreux invités pour qualifier l’allocution du président de la République. En matière de justice en tout cas, elle revêtait l’allure d’un réquisitoire très dur déjà entendu en de nombreuses autres occasions. M. Bouteflika a conscience que beaucoup de temps a été épuisé sans que la justice soit rendue conforme à ses propres vœux. En prélude de son intervention, il a expressément rappelé pourtant que la réforme du secteur a été hissée au rang de priorité et exigeait, par conséquent, une exécution diligente. Or, les faits contredisent la réalisation de ses ambitions.

Devant l’ampleur des fléaux sociaux générés par le terrorisme, la justice est demeurée impuissante. “Les évènements dramatiques que l’Algérie a connus ont produit des effets néfastes sur les comportements et les mentalités au sein du peuple, mais également chez les responsables du pouvoir. Les relations se sont enchevêtrées et les responsabilités ont été diluées, entraînant des atteintes aux intérêts de la collectivité. Ce qui a augmenté le nombre d’affaires devant les tribunaux et encombré les prisons”, constate le Président. Afin que l’ordre soit rétabli, il estime que “les juges doivent être conscients qu’ils sont des acteurs importants dans la préservation de la cohésion sociale (...) Le magistrat doit faire en sorte que la justice ne soit pas prise au piège des échappatoires procédurales et autres subterfuges de défense. Sa mission doit, en permanence, permettre de rétablir les droits et de faire prévaloir les aspects légitimes et légaux”.

Synthèse de Samir, algerie-dz.com
D’après Liberté