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L’Algérie se vide de sa matière grise

 
Le nombre de diplômés qui ont quitté l’Algérie est estimé à 40000 depuis dix ans, selon le président du Forum des chefs d’entreprise qui s’exprimait à l’occasion d’une rencontre-débat autour de l’expatriation des élites algériennes.
mardi 3 octobre 2006.

L'Algérie se vide de sa matière grise Selon une étude réalisée par un centre de recherche égyptien et un centre d’études stratégiques basé à Dubaï le monde arabe perdrait, chaque année, 50% des médecins qu’il forme, 23% de ses ingénieurs et 15% de ses scientifiques. Sur l’ensemble des étudiants arabes à l’étranger, seulement 4,5% retournent chez eux. En Algérie, en dépit de l’inexistence de statistiques officielles sur l’expatriation des élites, le phénomène a pris une ampleur telle que certains organismes de recherche, tels que le CREAD et le CNE tirent la sonnette d’alarme.

Des dizaines de milliers de cadres, intellectuels et scientifiques, dont 3 000 informaticiens, ont fui le pays entre 1992 et 1996. En dix ans, plus de 40 000 chercheurs ont quitté l’Algérie. Sur un total de 10 000 médecins étrangers immigrés en France, plus de 7000 sont Algériens, dont 2 000 dans la seule région parisienne. Aux États-Unis, la communauté algérienne, composée d’environ 18 000 personnes compte 3 000 chercheurs et scientifiques de très haut rang. L’Institut national de la statistique et des études économiques français a recensé 99 000 chefs d’entreprise d’origine algérienne en Europe, dont une majorité en France. Ils emploient environ 2,2 millions de personnes et leur chiffre d’affaires global consolidé dépasserait 15 milliards d’euros. Par ailleurs, sur les 25 pays fournisseurs d’immigrants au Canada, l’Algérie occupe la troisième place.

L’Algérie fait partie de ces pays qui constituent des “réservoirs” de compétences bon marché pour les pays développés. Le phénomène, qui touchait auparavant les Algériens formés à l’étranger, s’est progressivement étendu à ceux formés par les universités algériennes. Il a été avancé que notre pays a subi une perte d’au moins 40 milliards de dollars uniquement pour la période comprise entre 1992 et 1996. Faut-il culpabiliser les élites qui quittent leur pays pour d’autres cieux ? Voir une élite ayant bénéficié des formations coûteuses financées par la collectivité nationale s’installer durablement à l’étranger ne peut pas et ne doit laisser personne indifférent. Mais cependant, l’inadéquation de l’environnement professionnel, la non-reconnaissance de leur statut socioprofessionnel et de leurs compétences, les difficultés matérielles et encore la faiblesse du niveau de développement technologique du pays constituent autant de raisons objectives de l’expatriation des élites.

Selon le président du Forum des chefs d’entreprise, le salaire d’un chercheur est de l’ordre de 500 euros en Algérie. Il est de 900 euros en Tunisie et de 1 200 au Maroc. Dans les pays développés, il est de 6 000 euros. Les laboratoires des universités algériennes sont pour la plupart obsolètes et la recherche développement est pratiquement inexistante. Il n’existe pratiquement aucun lien entre le monde de la recherche et celui de l’entreprise. D’une façon, générale, souligne M. Omar Ramdane, les chercheurs algériens sont tenus à l’écart des évolutions socioéconomiques et sont marginalisés au plan social. M. Abdelmadjid Attar critique la mise en place de la bourse de l’emploi dans le secteur de l’énergie, même s’il lui trouve tout de même certaines vertus. 30 à 40% des cadres compétents de la Sonatrach ont quitté cette société à cause de cette bourse de l’emploi.

Synthèse de Billal, algerie-dz.com
D’après Liberté