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Kabylie : La diversion islamiste

 
Et d’ajouter : « 74 % des personnes qui vont à la messe le font essentiellement pour profiter des aides financières des missionnaires. » Rien n’a été dit sur l’origine des chiffres avancés, et un intervenant a imputé la responsabilité de cette situation au « laxisme » des autorités algériennes. Un autre universitaire présent à ce colloque avait déclaré, pour sa part, que « ce qui se passe en Kabylie n’est qu’un point de départ d’une campagne qui vise tout le pays ».
mardi 18 mai 2004.

C’est pourquoi, a-t-il ajouté, « 10 000 livres du Coran traduits en tamazight ont été distribués par la cellule de lutte contre l’évangélisation ».

Qu’en est-il au juste ? Hier, nous avons fait une virée du côté de Larbâa Nath Irathen pour s’informer auprès de membres de la communauté chrétienne. Direction : Aboudid, hameau situé à une encablure du centre-ville. Là, un vieil entrepôt situé en contre-bas de la chaussée fait office d’église. L’entrée donne sur une grande salle équipée de chaises et de nombreuses croix du Christ accrochées aux murs. C’est la salle de culte. Le responsable était absent. Dans une salle adjacente, des jeunes jouaient à la batterie. On nous informe alors que les fidèles font leur prière le vendredi, et chaque jeudi des cours bibliques y sont dispensés. Selon nos interlocuteurs, dont un que nous avons rencontré à la mission, des personnes de tous âges vont à la messe ; parfois ce sont des familles entières. Pour en savoir plus, il faut revenir le vendredi.

Au centre-ville de Larbâa Nath Irathen, les gens vaquaient normalement à leurs occupations. Quelques passants interrogés, se déclarant musulmans pratiquants, n’ont pas vu d’inconvénients majeurs à ce que leurs compatriotes pratiquent une religion autre que l’islam. Façon de dire que les communautés musulmane et chrétienne, même si cette dernière est « insignifiante », cohabitent et qu’il n’existe aucun problème entre elles. C’est dire que la Kabylie a toujours été une terre de tolérance. De retour à Tizi-ville, nous avons rencontré un membre d’une communauté chrétienne (un protestant) de la région de Boghni qui a préféré garder l’anonymat. Il nous informera d’abord que l’église de Boghni est agréée et qu’elle est affiliée à l’église protestante d’Algérie. Notre interlocuteur nous dira aussi que pratiquement chaque jour, des citoyens de la région intègrent les communautés. Comment ?

« Des campagnes d’évangélisation de proximité sont menées par les fidèles », nous a-t-il informés avant de préciser que tout cela se fait sans tapage. Des cérémonies de baptême, souvent individuelles, sont organisées dans ces églises et des exemplaires de l’Evangile sont distribués. Il en est de même pour l’organisation de cérémonies de mariage. « A Boghni, aucun problème ne se pose avec les autres communautés. Nous vivons dans la communion et le respect mutuel », a-t-il indiqué. Au sujet d’éventuelles aides ou autres subventions, il nous informera que tout se fait avec les dons des fidèles.

Même pour les enterrements, les chrétiens le font dans les cimetières des villages. De nombreuses églises protestantes existent dans plusieurs localités de la wilaya de Tizi Ouzou. L’une des plus anciennes reste sans doute celle des Ouadhias. On en trouve également à Akbil, Aït Bouadou, Aït Abdelmoumène, Maâtkas, Draâ Ben Khedda, Tizi-ville, Boudjima et Ouaguenoun. On signale les visites peu fréquentes de théologiens qui viennent d’Egypte, de Syrie ou de Jordanie.

B.B., Le Matin