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Ahmed Ouyahia présente son ambitieux programme

 
« C’est du déjà entendu. » C’est ainsi que les journalistes résument l’intervention d’Ahmed Ouyahia, hier, devant les députés de l’assemblée populaire nationale (APN) à l’occasion de la présentation du programme qu’appliquera l’exécutif durant le second quinquennat d’Abdelaziz Bouteflika.
mercredi 19 mai 2004.

« C’est normal, on est investis de la mission de continuer et de parachever les politiques de réformes engagées déjà par le président de la république au lendemain de sa première investiture en 1999 », répliquent quelques ministres.

C’est dire que les thèmes développés par Ahmed Ouyahia ne comportent aucune nouvelle proposition en ce qui concerne le règlement de la crise politique du pays et l’amélioration des conditions de vie des Algériens. Le Premier ministre s’est contenté, en effet, de réchauffer et de remettre au goût du jour le discours de campagne électorale du chef de l’Etat.

« Le programme du gouvernement reflète clairement la mission dont nous sommes chargés, à savoir la mise en uvre fidèle du programme de Monsieur le président de la république », précise en guise d’introduction M. Ouyahia. Ce dernier ne dérogera pas à la règle présidentielle qui fait de « la réconciliation nationale » la priorité des politiques à entreprendre. Ce concept à géométrie variable est présenté à l’occasion comme une thérapie à tous les maux du pays. Elle permettra à la fois, selon la conviction de ses artisans, « de réconcilier tous les Algériens (terroristes et victimes, ndlr), de renouer concrètement avec la paix, avec le développement et avec la restauration de notre dignité nationale à l’extérieur ». Cette même réconciliation nationale, à travers laquelle de nouvelles mesures de clémence seront accordées aux terroristes, « exige d’abord, note le Premier ministre, la poursuite de la lutte contre le terrorisme, lequel doit être condamné par tous et face auquel nous devons toujours mobiliser nos moyens et notre vigilance ». « Une grande entreprise interpellant chacun de nous à se libérer des appréhensions et des lectures réductrices, à percevoir cette démarche dans ce qu’elle est réellement, et à y joindre sa contribution propre pour la réalisation de nos aspirations communes », conclut l’orateur.

Dans ce cadre est inclue également la crise de Kabylie. Tout en réitérant son appel au mouvement citoyen pour reprendre langue avec le gouvernement, il affirme en ces termes : « Promouvoir la réconciliation nationale au service de la cohésion nationale, c’est uvrer enfin au règlement de toute crise qui perturbe le pays. Et c’est dans ce cadre que le gouvernement tient à réaffirmer ici sa volonté de parvenir au règlement définitif de la crise de Kabylie. » M. Ouyahia fera ainsi l’impasse sur la revendication principale du mouvement citoyen qui conditionne toute nouvelle prise de contact avec les autorités avant l’annonce officielle de l’officialisation de la langue amazigh. Le conférencier s’est contenté, en revanche, de lancer une promesse aux populations de la région en insistant sur « la détermination de l’exécutif à résoudre cette crise () par la restauration de la construction du développement et du bien-être social et, bien entendu, par la réhabilitation de la dimension amazigh de notre identité nationale au service de l’unité de la nation ». Une démarche qui s’effectuera, selon ses dires, « avec le concours des spécialistes et des compétences pour faciliter l’usage progressif de cette langue nationale dans tous les domaines ». Côté promesses toujours, M. Ouyahia a signalé que les réformes engagées dans les secteurs de l’éducation, des missions et des structures de l’Etat et de la justice seront parachevées durant ce présent quinquennat. Il a déclaré à ce propos que « la femme et la famille bénéficieront de droits plus équitables et d’une protection plus efficace ».

Un autre appel est lancé cette fois-ci à l’endroit de la classe politique et de la presse nationale « pour un dialogue constructif dans le respect des différences d’opinion () pour éviter la surenchère démagogique par manque de compréhension ».

Par Nadir Benseba, Le Matin