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L’argent de la Kabylie mal géré

 
La crise économique en Kabylie ne semble pas faiblir malgré les engagements du gouvernement, et l’on annonce que seulement 22% du budget de la commune de Tizi Ouzou est dépensé annuellement.
samedi 4 novembre 2006.

L'argent de la Kabylie retourne au Trésor public En effet, le retard accusé par la région dans son essor économique n’était et n’est un secret pour personne. Gouvernants et gouvernés s’accordent à dire que la Kabylie frise la zone rouge en matière de régression et de récession économique, à la comparer aux autres wilayas du pays, le fossé est irrémédiable. Les évènements que la région a connu, bons ou mauvais, le seul juge étant l’histoire, ont provoqué d’abord une méfiance chez bon nombre d’opérateurs économiques pour s’y installer, pire les investisseurs sur place et enfants de la région ont pratiquement tous délocalisé leurs unités, hormis les quelques résistants restés à leur corps défendant. Sinon, la région a sombré dans une espèce de désertification économique, avec son cortège d’incidences sociales des années durant. Calme revenant, stabilité en gestation, consensus sur le processus de normalisation et de remise sur les rails de la région, la cagnotte est estimée à plus de 7 500 milliards de dinars pour la relance économique avec un plan d’urgence spécial pour la région de Kabylie.

Le dialogue mis en place entre les pouvoirs publics et les délégués du Mouvement citoyen, la confrontation abandonnée, des acquis commençaient à bourgeonner, des élections anticipées tenues dans des conditions saines et sereines. N’empêche que la population n’a pas eu d’engouement : 3 Kabyles sur 7 ont mis leur bulletin dans l’urne. Le mal est profond dans cette région qui se cherche, lassée d’un personnel politique en mal de crédibilité, s’éloignant progressivement des intérêts directs et quotidiens des populations. Sinon, comment expliquer que sur les 7 500 mds de dinars qui devraient être injectés dans les divers circuits économiques de la région, à raison de 1 500 MDS l’année pour la wilaya de Tizi Ouzou, seulement 22% de ce budget sont consommés, représentant 330 MDS de dinars en une année et le reste du budget évalué à 1 170 MDS retournent au Trésor public. Ceux qui subissent les méfaits de cette gestion sont évidemment les populations qui continuent à vivre dans le tourbillon des problèmes inextricables, source de conflits, de violence et de régression tous azimuts. La question qui se pose et qui revient de façon récurrente s’articule autour du rôle des élus aux APC et APW.

Ces crises récurrentes entre les élus APC, APC-APW, APW-wali n’ont droit de citer qu’en Kabylie, on s’interroge pourquoi sous d’autres cieux la cohésion dans la diversité fonctionne bien et assure un développement harmonieux. Toute la problématique se situe autour de la politisation outrancière de la fonction d’élu et qui va à contre-sens des attentes des électeurs, des populations. C’est un constat gravissime que de relever que seulement 22% du budget annuel est consommé dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ce n’est guère étonnant de voir l’APC de Tizi Ouzou faire face à la coupure d’électricité pour non-paiement de factures des années durant, estimées à des milliards ou encore l’opération “Ville propre” annoncée en grande pompe pour la ville de Tizi Ouzou, rien ne vient au bout du tunnel, Tizi reste une ville-poubelle. Sans parler du bitumage des axes routiers urbains et inter-urbains qui restent les éternelles revendications des populations. Nos institutions élues se doivent d’un minimum d’engagement serein au service des électeurs, toutes tendances confondues, à défaut d’avouer défaite et laisser place à un personnel politique qui serait plus conséquent dans son mandat.

Synthèse de Mourad, algerie-dz.com
D’après la Dépêche de Kabylie