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La gare d’Agha à Alger paralysée

 
La gare SNTF de l’Agha à Alger a été paralysée suite au mouvement social des cheminots du dépôt d’Alger qui menacent d’appeler à une grève illimitée si les responsables de la SNTF et du ministère des transports ne prennent pas en compte leurs revendications.
dimanche 3 décembre 2006.

Gare SNTF d'Agha Alger Conscients de l’illégalité de leur mouvement de protestation, les cheminots ont crié « on ne veut plus parler de la légalité de notre action mais plutôt de la légitimité de notre mouvement de protestation ». Les protestataires évoquent les problèmes socioprofessionnelles de la corporation mais, selon leurs déclarations, l’élément déclencheur de ce mouvement de protestation est à vrai dire, les poursuites judiciaires et les condamnations prononcées à l’encontre des conducteurs.

Les cheminots ont « mal digéré » les deux derniers jugements engageant la responsabilité entière des conducteurs de trains, en l’occurrence le mécanicien du train M. Sennoun, à la suite de l’accident survenu le 14 septembre 2005 sur la ligne Alger-Constantine, plus précisément entre Draa El-Mizan et Kadiria, ayant entraîné la mort de quatre passagers. Et le cas du conducteur M. Illoul qui a écopé d’un an de prison ferme et 2.000 DA d’amende parce qu’il était responsable, selon l’administration la SNTF, de la chute d’un homme du train alors qu’il assurait, le 12 octobre 2004, la liaison Alger-Rouïba. Les protestataires ne veulent en aucun cas contester les décisions de la justice. Mais ils remettent en cause le rapport d’enquête sur l’accident ferroviaire survenu à Draa El-Mizan, qui a été remis par leur administration à la justice. Les conducteurs accusent l’administration d’avoir mené une enquête « banale » qui ne repose pas sur des critères scientifiques exacts.

Arab Mouloud, membre de la section d’Alger, se dit étonné du fait que les meneurs de l’enquête soient essentiellement des directeurs de différents services alors que l’enquête devrait être effectuée par des ingénieurs experts en la matière. Le même interlocuteur, soutenu par ses confrères, dit ne pas arriver à comprendre comment les membres de la commission d’enquête ont jugé les mécaniciens pour responsables de non-respect de la vitesse limite. En allant même se demander comment les membres de la commission d’enquête sont arrivés à déterminer la vitesse du train au moment de l’accident et sans tachymètre ?

Selon le rapport d’enquête, dont une copie nous a été montrée, il est évoqué une vitesse de 85 km/h et 90 km/h alors que la vitesse limite autorisée est à 70 km/h. Dans le même rapport, les enquêteurs soulèvent l’absence de la génératrice d’essieux « le tachymètre », le seul moyen de pouvoir déterminer la vitesse ponctuelle d’un train. Les protestataires affirment que les enquêteurs ont procédé à l’audition du chef de train et le chef de gare pour connaître la vitesse du train, chose inacceptable et non fiable, selon les mécaniciens. « On ne peut pas additionner une vitesse moyenne à une vitesse ponctuelle », dira un mécanicien en précisant « une vitesse ponctuelle ne peut être mesurée qu’avec un tachymètre, c’est en quelque sorte la boîte noire d’un train ».

Si l’administration incombe le responsabilité de l’accident au conducteur, les mécaniciens, eux, plaident pour l’innocence de leur collègue. Ils avancent le problème de la détérioration de la voie, seul facteur à l’origine de l’accident. Et de dire qu’ils ont du mal à « gober » le fait qu’un ancien conducteur ayant 22 ans d’expérience soit passible de six mois de prison avec sursis, sachant que la majorité des conducteurs travaillent dans l’insécurité. L’autre cas qui a plongé les conducteurs dans « le désespoir absolu » est celui de Mourad Illoul, jugé responsable de la chute d’un passager du train. « Expliquez-moi comment un conducteur peut conduire et surveiller ses passagers en cours de route, sachant que ce travail incombe aussi bien au chef du train et aux agents de sécurité qui accompagnent le mécanicien », lance un membre de la section syndicale des dépôts d’Alger.

Synthèse de Billal, algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran