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La question de l’eau en Algérie

 
Contrairement au Maroc et à la Tunisie, l’Algérie a du mal à imposer la règle de l’autorité et de la loi dans la gestion des ressources en eau.
dimanche 10 décembre 2006.

l'Algérie doit lutter contre le gaspillage de l'eau La situation est incontestablement critique en Algérie car depuis plus de vingt-cinq ans maintenant, les gouvernements successifs sont restés à des années-lumière d’une compréhension élémentaire de ce que peut bien représenter un manque d’eau, une pénurie grandissante à même de compromettre le bien-être des populations entières. Durant les années 80, les gens qui étaient en charge de l’Etat étaient incapables de s’apercevoir que l’Algérie connaîtra en 30 ans le doublement de sa population.

Il a fallu arriver en été 2002 pour être face à une catastrophe mortelle. Mais ce qui intrigue la spécialiste américaine, c’est la multiplication de la libération des déchets ménagers dans les cours d’eau, mais surtout les différentes maladresses visant à salir les eaux souterraines. Un jeune ingénieur algérien avait merveilleusement illustré le rôle néfaste des « ennemis de l’eau en Algérie » dans sa thèse (Université Sorbonne Sud 94) et sur les dangers qui guettent la nappe phréatique de la région de Bouthelja (Tarf) dénommée par la population locale Ma Bouguelez.

Toujours dans cette région de l’Est de Annaba - Tarf, on supervisait dès 1985 la démolition du barrage naturel formé par la côte et qui s’étend à partir d’Echatt, trente-cinq kilomètres à l’est de Annaba. En effet, un groupe d’extracteurs de sable s’adonnait à la démolition de cette partie côtière. Les étudiants de l’université de Annaba qui faisaient des sorties en vue d’accomplir des études sur les plaines hydrogéologiques du Lac des Oiseaux n’en revenaient pas devant le désastre qui à chaque fois s’offrait à leurs yeux.

L’Algérie était en effet en train de programmer ses crises à partir d’un tel exemple. En octobre 2002, on a eu l’occasion de parcourir cette région. Les gens peuvent facilement remarquer les dégâts causés par l’enlèvement en profondeur du sable de mer. Une halte s’impose : dans la gestion d’un Etat, les graves erreurs commises dans l’intervalle de deux années peuvent continuer à faire des dommages pendant 40 ans au moins, ce qu’admettent d’ailleurs la majorité des spécialistes en gestion. La paix sociale se trouve gravement menacée et on a vu des émeutes d’envergure à propos de l’eau les étés derniers dans notre pays.

Synthèse de Billal, algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran