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Algérie : Bouteflika corrige Soltani

 
Excédé par les déclaration de Abou Djerra Soltani sur la corruption en Algérie, Abdelaziz Bouteflika a dénoncé ceux qui, pour des ambitions électoralistes, portent atteinte à la réputation du pays.
dimanche 10 décembre 2006.

Bouteflila réaffirme l'engagement de l'Algérie contre la corruption Entre messages personnels et mises en garde, la sortie de Abdelaziz Bouteflika lui aura surtout permis de vider son sac. L’insatisfaction semble totale. Le discours du Président algérien se voulait, loin des chiffres et des bilans, plus comme un indicateur de sa connaissance de la véritable réalité algérienne et de son mécontentement. Il profitera d’ailleurs de la célébration de la Journée internationale contre la corruption pour répondre personnellement à la polémique lancée par l’un des membres de son Exécutif. Le président du MSP en aura entendu de toutes les couleurs, mais pas des plus joyeuses.

En réaffirmant l’engagement de l’Algérie à combattre ce fléau “loin de toute surenchère, de démagogie conjoncturelle dictée par des considérations personnelles ou partisanes”, le Président dira, sans nommer personnellement Abou Djerra Soltani, mais en le regardant droit dans les yeux, ce qu’il pense des accusations que ce dernier a porté à l’encontre des responsables nationaux. “Toute personne ayant des dossiers ou des preuves se doit impérativement et promptement de saisir la Justice sans autorisation préalable de qui que ce soit. Ceci sans tomber dans la délation, les règlements de compte indignes...”, indiquera Abdelaziz Bouteflika.

Le président ira même plus loin. “Je dis ça tout en sachant que la liberté de la presse permet aux uns et autres de s’exprimer, ici et là... Certaines déclarations portent atteinte à la crédibilité du pays. Je n’accepterai d’aucune personne qu’elle marchande avec la réputation du pays... Je vois des responsables présents avec nous qui marchandent avec les sentiments pour des campagnes électorales. Sont-ils avec nous et portent-ils la responsabilité avec nous ? Ou bien sont-ils contre nous, ce que nous acceptons, et nous agirons avec eux comme des opposants ?” s’interrogera le chef de l’État. Il dénoncera également les déclarations tendancieuses faites par des responsables politiques à “des chaînes arabes” qui “portent atteinte” à la réputation de l’Algérie.

Les affaires de corruption ont besoin, ajoutera-t-il, de preuves. “Le verbiage est un commerce prolifique dans le pays... Nous avons suffisamment d’ennemis dans le monde, à l’intérieur et à l’extérieur, et nous n’accepterons absolument pas que l’Algérie soit salie et dévalorisée. À partir de maintenant, ceux qui font de la politique, en font à leur guise mais en dehors des rangs officiels”, précisera Abdelaziz Bouteflika. Regardant le ministre de la Justice, garde des Sceaux, le chef de l’État annoncera son intention de donner des directives en vue de vérifier l’authenticité des déclarations. “Chacun est responsable. Si ce n’est pas vrai, il sera poursuivi. Les aspirations personnelles ou partisanes ne se construisent pas sur le dos du pays que ce soit clair pour tous. Nous avons déjà supporté beaucoup”, menacera-t-il. Abou Djerra Soltani ne s’attendait certainement pas à une réponse aussi cinglante.

Synthèse de Ahlem, algerie-dz.com
D’après Liberté