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Algérie : Soltani sera entendu par la justice

 
Après avoir affirmé qu’il détenait des noms liés à la corruption en Algérie, Aboudjerra Soltani sera entendu par la justice qui enquête sur la crédibilité de ses propos.
mardi 12 décembre 2006.

Aboudjerra Soltani - Algérie Le parquet, dans le sillage du discours du président, a décidé de « s’autosaisir » de l’affaire. Aboudjerra Soltani va être entendu par la justice. Théoriquement, on se retrouve avec deux possibilités. La première est que les dossiers impliquant des personnalités et des hauts responsables dans des affaires de corruption en Algérie existent vraiment et ils serviront à l’ouverture d’informations judiciaires. Cette hypothèse paraît déjà affaiblie par la quasi-rétractation d’Aboudjerra Soltani. Celui-ci avait, en effet, tenté de réduire l’impact de ses propos en déclarant qu’il avait parlé en homme politique et qu’il n’était pas un « détective ».

Si les dossiers n’existent pas -et c’est le plus probable- le ministre et président du MSP se retrouve, du point de vue du droit, dans la posture d’avoir émis des dénonciations calomnieuses. Au plan politique, les choses ne sont pas meilleures. Aboudjerra Soltani est un ministre et il pouvait, en toute logique, mettre à contribution le gouvernement où il participe pour que les « dossiers » éventuels soient examinés par des procédures classiques. En sortant sur la place publique pour parler de la corruption en termes de « dossiers », il encourt, dans le meilleur des cas, l’accusation d’un manquement à la solidarité gouvernementale, voire à l’éthique élémentaire. Ces fameux « dossiers » auraient pu être remis au chef du gouvernement ou au ministre de la Justice et être dissociés du discours politique ou moralisant sur la lutte contre la corruption.

Indéniablement, Aboudjerra Soltani a été desservi par le fait que la presse n’a plus lâché prise en sollicitant des commentaires de politiques et de juristes qui sont allés dans une même direction : le ministre doit livrer ses dossiers et la justice doit être actionnée. Le chef du MSP a compris assez rapidement qu’il s’est mis dans un piège en faisant des déclarations qui jettent la suspicion sur tous sans désigner personne en particulier. Ses tentatives de ramener les choses à une dimension purement politique ont été vaines et elles viennent de recevoir le coup de grâce après la violente admonestation publique du président algérien. Mais l’affaire a une incidence lourde au sein du MSP lui-même. Dans une démarche de participation au gouvernement, le MSP a tenté le jeu impossible de paraître dans une forme d’opposition. Cet entre-deux-chaises globalement toléré par le pouvoir devient impossible à tenir.

Synthèse de Kahina, algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran