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Le parti pris espagnol en faveur du Maroc critiqué

 
La position du gouvernement Zapatero qui favorise le Maroc au détriment du peuple sahraoui, a été critiqué par Abdelaziz Bouteflika et une partie de la presse espagnole.
jeudi 14 décembre 2006.

L'axe Espagne-Maroc critiqué par l'Algérie "L’Espagne ne peut pas rester indifférente au sort actuel du peuple sahraoui que vous avez colonisé de 1885 à 1975", a déclaré mardi le président Bouteflika lors du déjeuner offert au Palais du peuple en l’honneur du président du gouvernement espagnol, Jose Luis Rodriguez Zapatero. Ce n’est pas par hasard que le chef de l’État a abordé le conflit du Sahara occidental en des termes assez durs. S’il est clair que, historiquement, les Espagnols détiennent une grande responsabilité dans la situation au Sahara occidental, qu’ils ont quitté en 1975 en le livrant au royaume du Maroc, le soutien apporté à maintes reprises par Madrid à Rabat semble ne pas être du goût des autorités algériennes, au point de constituer aujourd’hui un centre de divergences dans les relations bilatérales.

C’est dans ce cadre que le président Bouteflika a exprimé son souhait de voir l’Espagne s’engager “de manière plus résolue” à amener le Maroc et le Front Polisario à accepter de mettre au point les modalités du référendum d’autodétermination permettant l’expression de la volonté souveraine du peuple sahraoui, conformément à la légalité internationale. Si sur le plan bilatéral, Abdelaziz Bouteflika a affirmé que les relations algéro-espagnoles “se portent bien dans l’ensemble” et qu’il faut “œuvrer à leur amélioration”, il n’en reste pas moins que le président du gouvernement espagnol n’a pas pu convaincre ses homologues d’Alger de transcender la question du Sahara occidental pour aller de l’avant. Et les déclarations de Luis Zapatero quant à la volonté de son pays d’aider l’Algérie à développer le secteur des énergies renouvelables n’ont pas arrangé les choses, même si les entretiens ont touché des secteurs où l’Algérie et l’Espagne coopèrent depuis plusieurs années, à savoir l’énergie, notamment le gaz.

Si le Premier ministre espagnol a été obligé, tout au long de l’année 2006, de modifier la direction de ses relations avec l’Algérie, tracassée par l’inclinaison de la politique de son gouvernement socialiste vers les thèses marocaines sur le Sahara occidental, il n’en demeure pas moins que sur le plan concret, la diplomatie espagnole n’a pas vraiment changé. En faisant état de l’échec de la visite de Zapatero à Alger dans ce sens où il n’a pu convaincre les Algériens de l’établissement d’une “relation énergétique privilégiée”, et du fait qu’il “veuille nuancer son pari politique marocain”, la presse espagnole n’a pas hésité à évoquer “la facture des erreurs au Maghreb”. Le quotidien national de droite, ABC, a relevé “l’échec du gouvernement dans le changement brusque et irréfléchi de la politique traditionnelle espagnole d’équilibre au Maghreb qui, comme on pouvait s’y attendre, ne s’avère pas facile maintenant de réparer avec de simples gestes de bonne volonté”.

Synthèse de Samir, algerie-dz.com
D’après Liberté