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Khaled Nezzar à Al Jazira : « Je ne suis qu’un opposant »

 
La deuxième partie de l’interview que le général Khaled Nezar a accordée à la chaîne Al Jazira a été diffusée ce jeudi à la même heure.
dimanche 30 mai 2004.

Dans la première partie (voir notre édition du 22 mai), il a donné l’air de vouloir se raviser à propos du président Bouteflika en déclarant notamment qu’il ne pouvait se permettre « de mettre en doute le passé révolutionnaire de quelqu’un qui a été avant (lui) au maquis ».

Cette déclaration a soulevé le courroux de certains détracteurs du Président (il en existe encore !), lesquels ont vu là un signe évident de « révisionnisme » chez celui qui a été pendant au moins deux ans à l’avant-garde de l’opposition à la politique du Président, consacré tout un livre pour critiquer l’homme et son bilan et, entre autres, à minimiser la présence de Bouteflika dans la révolution. Dans cette deuxième partie, Nezar va encore plus loin en reconnaissant au président réélu une réelle popularité. « Je suis bien persuadé qu’une majorité d’électeurs a voté Bouteflika (...), mais avec un taux qui, tout de même, nous renvoie aux républiques bananières. »

« Mon livre (Bouteflika, un homme et son bilan. NDLR) n’est nullement une façon de régler des comptes avec Bouteflika ; c’est un livre écrit par un homme qui a choisi en toute légalité d’être dans l’opposition » A une question qui paraissait embarrassante du journaliste de savoir si l’armée a soutenu le Président dans son deuxième mandat, Nezar a eu cette réponse inattaquable : « L’armée continuera à accomplir sa fonction constitutionnelle et à rester respectueuse des prérogatives du chef de l’Etat qui est en même temps le chef suprême des forces armées. » L’ancien ministre de la Défense est aussi revenu sur les phases cruciales qu’a traversées le pays depuis l’interruption des élections de décembre 1991, durant lesquelles l’armée qu’il dirigeait alors a eu à assumer un rôle de premier rang.

Evoquant les péripéties qui ont caractérisé précisément cette étape, il révèle que le ministre de l’Intérieur de l’époque, Mohammedi, a suggéré au ministre de la Défense de céder à la demande des dirigeants du FIS d’ouvrir des camps d’entraînement. C’était en plein guerre du Golfe. Pourquoi l’Etat algérien a agréé le FIS ? Une question posée par le journaliste et avant lui par Khaled Nezar lui-même au chef du gouvernement de l’époque, Mouloud Hamrouche. La seule réponse à laquelle il a eu droit, ce fut celle d’un haut personnage de l’Etat dont l’invité d’Al Jazira préfère taire le nom mais qui doit être un génie pour avoir affirmé : « Nous avons légalisé le FIS pour mieux le dompter ! »

Par Mussa Acherchour, La Nouvelle République