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L’insécurité en Algérie inquiète le Quai d’Orsay

 
Les récents attentats commis en Algérie par les terroristes du GSPC a conduit le Quai d’Orsay à recommander la plus grande prudence aux ressortissants français.
samedi 16 décembre 2006.

L'insécurité persiste en Algérie Les derniers attentats commis par le GSPC depuis l’été dernier, et dont le plus récent est celui qui vient de cibler, la semaine dernière, les employés de la firme américaine BRC en Algérie, sont avancés pour motiver ces recommandations. “Les grandes zones urbaines sont dans l’ensemble bien sécurisées par les forces algériennes, mais l’attentat du 10 décembre, comme ceux d’octobre dernier (contre deux commissariats de police à l’est d’Alger) ou de l’été (bombes placées dans des zones balnéaires à l’est d’Alger) montrent que la prudence et une grande vigilance restent de mise”, lit-on dans ledit communiqué. Ainsi, est-il écrit, “les déplacements doivent demeurer limités aux zones urbaines sécurisées et aux grands axes routiers. Les déplacements par avion restent préférables”. Ce qui semble augmenter les appréhensions du Quai d’Orsay, c’est l’alliance stratégique qui lie depuis cet automne le GSPC à Al-Qaïda.

“Le terrorisme, bien que beaucoup moins meurtrier que dans les années 90, est encore une réalité en Algérie et si le GSPC, principal groupe encore en activité, n’a pas pour politique de viser les populations civiles algériennes, il a émis, en revanche, à plusieurs reprises des menaces contre les intérêts étrangers, notamment français et américains. Il affiche également son affiliation à Al-Qaïda.” Si cette mise en garde est justifiée, d’autant que les autorités algériennes, comme d’habitude, brillent par une non-gestion de marketing post-attentats comme c’est le cas dans des pays où les étrangers sont plus ciblés qu’en Algérie (Égypte, Turquie, Jordanie, Yémen...), le Quai d’Orsay pèche par précipitation, manque de pragmatisme et parcimonie. La gestion du risque Algérie est disproportionnée par rapport aux réalités du terrain. Le ton du communiqué ne reflète pas une réalité où le degré de nuisance sur les intérêts français est moins important, comparés à ce qui est le cas dans certains pays.

Cette gestion non pragmatique du risque pays de la part du Quai d’Orsay est décriée par les opérateurs économiques français, eux-mêmes. Ainsi, la publication du communiqué du Quai d’Orsay relatif au “Risque Algérie” a coïncidé avec la distribution d’un rapport du CETO, le plus important syndicat des voyagistes français (tours opérateurs) qui dénonce, justement, la politique française de gestion des risques pays. Une situation qui s’est répercutée négativement sur le tourisme, soit la première activité du pays. Le risque pays est de nos jours très important dans l’orientation des flux touristiques depuis la France, qui reste un des pays gros émetteurs. À titre indicatif, pour 2006, à cause des événements qui se sont déroulés au Moyen-Orient, les forfaits vendus pour cette destination ont chuté de 30,6% et où l’Égypte a perdu pour elle seule 38,2% sur le volume des ventes par rapport à 2005.

Synthèse de Mourad, algerie-dz.com
D’après Liberté