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1 500 mineurs algériens vivent clandestinement en France

 
Alors que leurs parents ignorent leur sort, mille cinq cent enfants algériens âgés entre 11 et 18 ans investissent le territoire français clandestinement chaque année.
mercredi 2 juin 2004.

Ces enfants d’origine algérienne représentent 15 % des 10 000 enfants de 15 autres nationalités, notamment, espagnole, turque, marocaine, tunisienne, sud-africaine et tchadienne.

Le chiffre a augmenté ces dernières années, puisque par le passé, les enfants en situation clandestine ne représentaient que 4 nationalités. Ils sont attirés par l’autre rive méditerranéenne de manière illégale. Le moyen le plus fréquent : se cacher dans des conteneurs à destination de Marseille.

La plupart de ces mineurs sont originaires d’Alger. Ils vivaient à Bachdjarah, Kouba, Bab El-Oued et Beaufraisier . Ils sont considérés par les autorités françaises comme enfants non accompagnés et non assistés pour lesquels le juge des mineurs en France doit intervenir et particulièrement s’ils sont en situation de danger.

Il faut souligner que le chiffre avancé par les autorités françaises ne représentent pas uniquement les clandestins. Certains cas, estime-t-on, sont des enfants de parents divorcés ou victimes d’autres situations plus complexes. L’association française s’occupant de la prévention de l’errance des mineurs sur le territoire français prend en charge l’investigation et la recherche de leur identité dans un délai qui n’excéde pas 6 mois.

Autrement, l’enfant sera placé dans un centre d’assistance sociale par le juge des mineurs. Ces enfants opposent une résistance, selon Mme Dominique Lodwick, directrice de l’Association des jeunes errants (AJE), qui est intervenue lors d’un séminaire portant sur l’enfant en danger moral et physique en Algérie, organisé par le Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (CIDDEF).

Les enfants refusent, selon elle, de dévoiler facilement leur identité. Il convient de noter qu’en aucun cas, l’enfant n’est expulsé vers son pays d’origine dans « les pires conditions ». « S’ils retournent chez eux de force, un jour, ils reviendront par d’autres moyens », a expliqué Mme Lodwick.

Après que l’enfant a dévoilé son identité, l’association dépêche un représentant en Algérie pour informer les parents. Ce premier contact se déroulera avec la supervision des associations algériennes, insiste l’intervenante. Mais, il faut savoir que ces procédures d’investigation demeurent délicates, sachant que les ministères de la Justice français et algérien ne collaborent pas dans ce domaine.

La démarche de cette association consiste à accompagner les parents et particulièrement les mamans dans la recherche de leurs enfants. Elle consiste également à nouer des relations avec les autorités françaises pour les informer de l’évolution de la situation en France.

Il convient de souligner que les autorités compétentes ne prennent jamais de mesures rigoureuses concernant ces mineurs clandestins. « Chaque enfant a son histoire et ses raisons de fuguer. Nous devons comprendre tous ces facteurs », a noté Mme Lodwick.

Il faut noter qu’un autre nombre important d’enfants ont rejoint la France grâce aux passeports de leurs parents. Ils sont ainsi dans une situation hors procédure familiale. Autrement dit, ces enfants ont, dans un cadre légal, voyagé avec leurs pères qui ensuite les abandonnent volontairement sur le territoire français.

L’intervenante a relevé la nécessité de travailler en coopération avec les autorités algériennes afin de dégager une politique transnationale quant à la prise en charge de ces enfants.

Par Nassima Oulebsir, lejeune-independant.com