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La grogne des lycées techniques en Algérie

 
Les enseignants des lycées techniques en Algérie annoncent une journée de protestation le 16 janvier prochain pour dénoncer ce qu’ils considèrent être le plan de démantèlement des lycées techniques lancé par le ministère de l’éducation.
lundi 25 décembre 2006.

Un lycée technique en Algérie Les enseignants des lycées techniques et technicums ont accusé, hier lors d’une conférence de presse tenue au siège du SNAPAP à Alger, les responsables du ministère de l’éducation de vouloir démanteler des lycées techniques en Algérie et d’avoir supprimé 50 % des filières techniques en poussant l’enseignement technique vers le bas voire, vers la formation professionnelle. Il ne s’agit nullement d’une revendication salariale, ni de revendication relative au maintien des postes mais une revendication purement pédagogique et de formation, soutiennent les intéressés.

« La suppression des filières techniques entraînera une extinction des compétences dont a besoin l’Algérie et rendra irrémédiable notre dépendance économique » dira l’un des conférenciers en expliquant que « le savoir technique est un moyen qui nous garantit des techniques de maintenance, notamment des infrastructures de base dans le pays » et de conclure « si on supprime l’enseignement technique on aura recours à l’importation des cadres et nos ressources humaines seront marginalisées » dira-t-il. Les enseignants insistent pour dire que cette mesure ne menace pas leurs propres intérêts ou leurs emplois, puisque en tout état de cause, ils seront transférés au secteur de la formation professionnelle. Mais, ils expriment leurs soucis quant à l’avenir des générations futures qui seront privées d’une formation de qualité et d’une formation technique. Si le ministre de l’éducation dément cette suppression des lycées techniques, les enseignants disent pouvoir « prouver par A+b » que la menace d’extinction des lycées techniques en Algérie est bel et bien réelle.

L’enseignant Ouelmouhoub Yacine, du lycée technique de Bologhine indique que la moitié des filières technologiques ont été supprimées après l’introduction des mesures de la nouvelle réforme pour l’enseignement du secondaire, depuis déjà 2004 « sur les 10 filières existantes 5 ont été supprimées » explique-t-il « vous avez, l’électronique, électrotechnique, fabrication mécanique, bâtiment et TP, Techniques comptables qui ont été carrément supprimées du secondaire » précise l’enseignant. Cet état de fait a entraîné, selon les conférenciers, des conséquences sur le volume horaire dans l’enseignement spécialisé, résultat :« 8 enseignants de technologie sur 10 seront en sureffectif, ainsi que les chefs des travaux, les chefs d’ateliers, les magasiniers et les techniciens supérieurs en maintenance » indiquent les conférenciers .

Les enseignants des lycées techniques vont plus loin en remettant en cause la légalité de cette réforme « la réforme du système éducatif n’a pas encore de cadre légal , la loi d’orientation scolaire n’a pas fait l’objet d’un débat citoyen , ni à l’APN , ni au Sénat » lance Osmane Redouane en précisant que cette mesure de suppression de l’enseignement technique est comme un tremblement terre. « Les technocrates et les polytechniciens vont disparaître et on sera obligé après d’importer des élites ». Il a mis en garde les responsables de l’éducation quant à la suppression de l’encadrement technique qui fait de l’Algérie parmi les quatre pays du sud à en disposer « 8 millions d’élèves , ce potentiel énorme risque d’être détruit » précise-t-il .

Synthèse de Ahlem, algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran