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La Banque d’Algérie dans le collimateur

 
Le gouverneur de la Banque d’Algérie Mohamed Leksaci, "avait failli" dans la gestion de l’affaire Khalifa, selon la présidente du tribunal de Blida, Mme Brahimi.
jeudi 25 janvier 2007.

La responsabilité de la Banque d'Algérie est engagée dans l'affaire Khalifa. Mohamed Leksaci, gouverneur de la Banque d’Algérie et président du Conseil de la monnaie et du crédit, passera toute la matinée d’hier, 14ème jour du procès Khalifa, à expliquer en réponse aux questions du tribunal étape par étape l’octroi d’un agrément à une banque privée. Le fonctionnement et les rapports des institutions financières qu’il dirige avec les banques privées, particulièrement Khalifa Bank, ont été évoqués plus d’une fois. Toutes les questions du tribunal à Mohamed Leksaci, auquel on ne fera pas prêter serment parce qu’ayant été vice-gouverneur du temps de Abdelouahab Keramane “accusé dans cette affaire”, comme tient à le préciser la présidente, devaient aboutir à la conclusion que dans l’affaire Khalifa le gouverneur de la Banque d’Algérie “avait failli”. “Quel est le rôle du gouverneur ?” demande Mme Brahimi à Mohamed Leksaci qui, en réponse, précise que l’une des missions de la “Banque d’Algérie est de veiller à la stabilité financière et économique du pays”.

Une réponse qui ne semble pas suffisante au tribunal qui revient à la charge en évoquant l’étape de la création de la banque Khalifa. Deux étapes que le témoin rappelle en soulignant les différentes procédures pour l’acquisition, dans un premier temps, de l’autorisation de créer une banque puis l’octroi de l’agrément quand le postulant répond à tous les engagements et tous les critères préalables, tels que la moralité du responsable de la banque et la solvabilité. “ Dans le cas de Khalifa, ces deux critères ont-ils été respectés et quelles structures enquêtent sur la moralité ?” interroge la présidente qui se montre “très tatillonne” sur les détails. En réponse, l’ex-bras droit de Abdelouahab Keramane revient sur le cheminement du dossier de la création d’une banque avant l’octroi de l’agrément. Il précisera plus tard en réponse à une question d’un avocat de la défense, qu’avant l’ordonnance d’août 2003, qui exige une enquête “d’habilitation” un casier judiciaire suffisait. “Avez-vous eu entre les mains une fiche pour l’autorisation de la création de Khalifa Bank ?” demande la magistrate au témoin qui, en réponse à une précédente question, précisait que c’est le Conseil de la monnaie et du crédit qui tranchait la question sur la base d’une fiche de synthèse transmise par les services techniques de la Banque d’Algérie.

“Oui, comme tout le monde”, une réponse qui semble revigorer le tribunal. “Alors Khalifa Bank remplissait- il toutes les conditions ?” Une question qui amène le gouverneur de la Banque d’Algérie à préciser qu’il s’agissait d’une autorisation et non d’un agrément. “Et qui donne l’agrément ?” “La Banque d’Algérie !” Une non-réponse pour la présidente du tribunal qui rectifie : “Qui le signe ?” “Le gouverneur !” C’est la bonne réponse. “Est-il seul habilité à le faire ?” Le témoin répond positivement en soulignant que la loi lui donne cette prérogative. “Le changement du capital de Khalifa Bank est l’autre point qui focalise l’attention du tribunal qui tient à savoir si cela peut se faire sans au préalable repasser par le Conseil de la monnaie et du crédit. La réponse négative du gouverneur d’Alger fait s’accrocher la présidente qui ne lâchera prise que lorsque le témoin déclare que quand cela se fait “l’infraction est consommée”.

“L’infraction consommée est-elle rattrapable ?” demande la présidente qui enchaîne en demandant à l’actuel gouverneur de la Banque d’Algérie comment il justifie le silence de son prédécesseur sur cette infraction. “Je ne peux me mettre à la place du gouverneur à ce moment-là.” Une réponse qu’il servira à chaque fois, si bien que la présidente lui demandait comment il aurait réagi face à une situation donnée. “Je ne peux me mettre à sa place... chacun assume ses responsabilités.” Une phrase que le tribunal relève avant de demander à Mohamed Leksaci le nombre de rapports concernant la gestion de Khalifa Bank sur le bureau du gouverneur lors des passations de consignes avec Abdelouahab Keramane. “Cinq !” avant de préciser qu’il y a eu au moins une dizaine de rapports concernant la gestion de l’affaire Khalifa avant que la Banque d’Algérie ne décide, en novembre 2002, le gel des opérations de change et de commerce extérieur de Khalifa Bank en ce qui concerne sa filiale Khalifa Airways.

Synthèse de Billal, algerie-dz.com
D’après le Soir d’Algérie