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Medelci accuse la Banque d’Algérie

 
Se déchargeant sur la Banque d’Algérie, le ministre des finances Mourad Medelci a refusé d’admettre sa part de responsabilité dans le manque de suivi du rapport sur Al-Khalifa Bank que lui avait remis l’ex-gouverneur de la Banque centrale.
dimanche 28 janvier 2007.

Mourad Medelci - Algérie D’emblée, la présidente du Tribunal de Blida plus entreprenante passa à l’offensive : « Etiez-vous au courant des dépôts des entreprises et organismes publics chez la Banque Khalifa ». Le ministre Mourad Medelci répond par l’affirmative en disant qu’il avait été informé par son chef de cabinet. Elle enchaîna : « Saviez-vous que c’est interdit par la circulaire 81 qui sanctionne ce genre de dépôt en obligeant ces organismes publics à avoir un compte au Trésor public ? Qu’aviez-vous fait alors ? » Plein d’assurance et s’affichant à l’aise, il s’empressa de dire : « Constatant ces infractions, j’ai immédiatement adressé des lettres de rappel à la tutelle de ces organismes pour les rappeler à l’ordre et à se conformer à la loi en les mettant en garde contre cette manière d’agir et contre les risques à encourir ».

La présidente va directement au but : « Aviez-vous reçu Khalifa Abdelmoumen et quel a été l’objet de l’audience ? » Le ministre reconnaît sans hésiter : « Oui. Je l’ai reçu à sa demande pendant 20 minutes ». Très renseignée, la présidente demanda plus : « Que vous a-t-il demandé ? ». Il répond : « Khalifa est venu m’informer de son intention d’ouvrir une banque en Allemagne et de me demander de l’aider à obtenir l’autorisation. » La présidente : « Vous l’aviez aidé ? » Le ministre : « Je l’ai orienté sur la Banque d’Algérie, seule habilitée à le faire. » La présidente : « Mais il vous a demandé plus, n’est-ce pas ? ». Le ministre livre tout : « Oui. Il m’a demandé d’intervenir pour lui auprès de la Banque d’Algérie ». La présidente toute curieuse l’interrompit : « Vous l’aviez fait ? » Le ministre : « Oui. J’ai parlé aux responsables de la banque, mais dans le respect de l’application de la loi, sans aucune faveur ».

Elle revint à la charge sur cette audience : « Etiez-vous au courant des irrégularités de la banque avant de le recevoir ? » La réponse est « Non ». Il continue : « Si je l’avais su, je ne l’aurais pas reçu évidemment. » La présidente ne cède pas en se voulant plus incisive : « Mais il y a cette affaire d’agrément et des dix rapports déposés concernant les premières enquêtes sur la gestion de la banque. » Le ministre, imperturbable, repoussa la question : « C’est une affaire propre à la Banque d’Algérie qui est chargée de suivre l’application des cahiers de charges de chaque banque agréée par elle, conformément à la loi. » C’est ce que voulait confirmer la présidente par la bouche d’un haut responsable, le plus indiqué pour le faire. C’est un autre argument à mettre au passif des ex-responsables de la Banque d’Algérie, dont le gouverneur général en premier lieu. Le reste des questions est un rabâchage sur des points déjà soulevés et qui reviennent comme un leitmotiv pour les besoins du procès, dans le but d’éclaircir des zones d’ombre.

Synthèse de Ahlem, algerie-dz.com
D’après l’Expression