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Le "terrorisme routier" fait des ravages en Algérie

 
Près de 1.200 personnes ont trouvé la mort sur les routes d’Algérie, durant les cinq premiers mois de 2004.
jeudi 17 juin 2004.

La route se révèle de plus en plus meurtrière en Algérie : pour les cinq premiers mois de l’année 2004, 1.187 personnes ont trouvé la mort et 15.316 blessés, dans 9.135 accidents de la circulation à travers l’ensemble du territoire algérien, selon les statistiques de la gendarmerie algérienne rendues publiques mercredi.

Le chiffre des tués sur les routes traduit une augmentation de 7,52% par rapport à la même période de 2003, a indiqué le chef de service sécurité routière du commandement de la gendarmerie, Belhadj Douaghi. Ces statistiques reflètent l’ampleur du "terrorisme routier" en Algérie, en dépit des nouvelles mesures répressives du code de la route applicables depuis quelques mois, notamment l’alourdissement des amendes et l’homogénéisation des infractions qui les accompagnent, notamment le retrait du permis de conduire en cas d’excès de vitesse. Belhadj Douaghi explique qu’outre le nombre de morts, qui a connu un boom par rapport à 2003, le nombre de blessés a lui aussi enregistré une hausse de 7,29%, ainsi que celui des accidents avec 8,21% de plus. Durant les cinq dernières années, de 1999 à 2003, la gendarmerie a enregistré 15.503 morts et 170.349 blessés dans 102.395 accidents de la circulation. Parmi les causes des accidents, 87% sont liées à l’excès de vitesse, aux dépassements dangereux et au non-respect de la distance de sécurité entre deux voitures.

Avec un parc relativement modeste, d’environ trois millions de véhicules, l’Algérie se retrouve avec un taux de risque 50 fois plus élevé que celui des pays scandinaves et 20 fois plus élevé que celui de la France, à titre comparatif.

Ce "terrorisme routier", qui s’accroît de 10% par an, est appelé à s’accentuer davantage durant les prochaines années en raison de l’inadaptation entre l’augmentation vertigineuse du parc roulant et les infrastructures routières si des mesures radicales ne sont prises pour influer sur le comportement des conducteurs. Selon différentes études, ces derniers sont responsables de plus de 85% des accidents de la route.

Pour stopper l’hécatombe routière, la gendarmerie met en exergue la nécessité d’une stratégie nationale pour prévenir les causes de la hausse des accidents de la circulation. Elle propose également de soumettre la vente de pièces détachées à un contrôle rigoureux, car elle a constaté qu’"une grande partie de la marchandise disponible sur le marché n’était pas des pièces d’origine".

Source : AP