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Bouteflika a mauvaise presse

 
L’emprisonnement de Mohamed Benchicou suscite une vague d’indignation et de protestation.
vendredi 18 juin 2004.

La mobilisation a commencé en Algérie. À l’appel du comité pour la libération de Mohamed Benchicou, plusieurs centaines de personnes, des journalistes, des personnalités politiques et de la société civile, se sont rassemblés hier à la maison Tahar Djaout à Alger, qui abrite les sièges des principaux quotidiens indépendants algériens.

Les participants ont décidé de plusieurs initiatives : pétitions, messages de protestations adressées au chef de l’État, délégations auprès des autorités, saisine des ONG de défense des droits de l’homme et interpellation de la communauté internationale. La condamnation de Mohamed Benchicou à deux ans de prison, suscite une vague d’indignation et de protestation. " La liberté de la presse, malmenée toutes ces dernières années, est à présent menacée dans son existence ", écrit El Watan. " Une parodie de justice ", renchérit Liberté. Même tonalité pour El Khabar (arabophone) le plus grand tirage de la presse algérienne (350 000 exemplaires) qui a consacré trois pages à cette affaire, et pour le Soir d’Algérie, autre quotidien dans l’oeil du collimateur du pouvoir. Tous les partis démocrates ont dénoncé la répression. " Une condamnation qui dévoile la stratégie des décideurs qui, derrière les proclamations démocratiques envers les partenaires économiques de l’Algérie, oeuvrent par des moyens dilatoires et répressifs à imposer le silence des Algériens ". Pour le MDS (Mouvement démocratique social, ex-communiste) " ce fut une parodie digne des dictatures les plus sinistres " visant " à faire taire tous ceux qui s’opposent à sa politique [celle de Bouteflika] de régression nationale, et ce, en contradiction avec les déclarations autant du président de la République au sommet des États arabes qu’au G8 ". Pour l’ancien candidat à l’élection présidentielle et ex-chef du FLN, Ali Benflis, il s’agit d’" un précédent gravissime contre l’expression libre ".

Associations de femmes, Mouvement citoyen de Kabylie, MAK (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie), RAJ (Rassemblement action jeunesse), le général en retraite Rachid Benyelles, l’ex-premier ministre Redha Malek, syndicats autonomes, CNES (syndicat de l’enseignement supérieur), tous exigent la libération de Benchicou. Le tollé suscité par cette affaire a fait réagir le ministre de la Justice, lequel a déclaré qu’il s’agit d’une " affaire de droit commun ", et que le Conseil de la magistrature peut " annuler le verdict ou le maintenir ". À suivre.

Hassane Zerrouky, www.humanite.presse.fr