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Les essais nucléaires français en Algérie

 
L’Algérie tente de faire le point sur les conséquences sanitaires et écologiques des essais nucléaires français dans le sud du pays, 47 ans après le premier essai.
lundi 12 février 2007.

La France coloniale a réalisé plusieurs essais nucléaires en Algérie. La première bombe atomique ayant explosé à El Hammoudia dans le sud de l’Algérie était d’une puissance de feu nucléaire dépassant les 450 kilotonnes, soit 40 fois plus forte que la bombe explosée par les Américains à Hiroshima, au Japon. Des essais dont les séquelles sont restées jusqu’à nos jours. Des humains, des prisonniers pour la plupart, sont utilisés comme cobayes. Aujourd’hui, 47 ans après l’apocalypse, les irradiations continuent de faire leur effet. Des milliers d’enfants sont condamnés à vivre avec des malformations congénitales, alors que d’autres seront stériles à jamais. Un autre crime contre l’humanité qui demande réparation et dont la France officielle, doit sans doute intégrer dans le chapitre des « bienfaits » de la colonisation, que les initiateurs de la loi du 23 février 2005, continuent de vanter.

Pour que nul n’oublie, un colloque international sur les essais nucléaires dans le monde s’ouvre demain à Alger. Les cas des essais réalisés dans le Sahara algérien, mais aussi aux Iles Marshall, sur le territoire américain et en Australie, y seront abordés. Un déplacement en avion est prévu sur l’ancien site d’essais nucléaires de Reggane, le 15 février. Outre l’écoute de témoignages de victimes survivantes, les participants examineront plusieurs sujets importants relatifs à la gestion des conséquences des irradiations induites, soit par les bombardements, soit par les essais, notamment les aspects juridiques et la prise en charge des victimes. Conférences, ateliers et tables rondes sont prévus, devant aboutir à l’élaboration de recommandations. Parmi les invités, l’on retiendra le nom de M.Bruno Barrillot, expert du Conseil d’orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (Coscen) en Polynésie française.

Il interviendra sur le thème : « Où en est-on dix ans après la signature du traité d’interdiction des essais nucléaires ? » Roland Oldham, président de l’association Moruroa et Tatou, interviendra au nom des victimes des essais français dans le Pacifique. Mercredi, la problématique des procédures juridiques engagées par les victimes des essais nucléaires français et par leurs associations sera posée. Les 13 et 14 février, le cas des essais nucléaires qui ont eu lieu en Algérie, le 13 février 1960, sera mis en exergue. Il est connu que les essais atmosphériques en particulier se sont avérés très polluants en irradiant le sol algérien tout en causant un grave préjudice écologique dont témoignent encore les roches noires et les terres brûlées où aucune végétation ne pousse. L’Etat français n’a pas voulu reconnaître jusqu’à présent ces effets. Le président algérien a conditionné la signature du traité d’amitié avec la France par la reconnaissance des crimes commis par l’ancien colonisateur, une démarche qui sera suivie par une repentance et des excuses officielles.

Synthèse de Souad, algerie-dz.com
D’après l’Expression