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Al-Qaïda en Kabylie

 
Proche d’Alger, la région de la Kabylie connu pour ses maquis denses et ses reliefs accidentés, semble être utilisée par les terroristes du GSPC alliés d’Al Qaida comme base de replis pour préparer leurs attentats.
jeudi 15 février 2007.

La Kabylie comme base arrière des terroristes ? Illoula Oumalou, Mekla, Draâ Ben Khedda dans la wilaya de Tizi-Ouzou, ainsi que Si Mustapha, Souk El Had et le chef-lieu de la wilaya de Boumerdès, ont été le théâtre, mardi aux aurores, d’attentats à la bombe et à la voiture piégée, occasionnant de nombreuses victimes et des dégâts matériels considérables. Sans compter que des bombes auraient été désamorcées, selon la rumeur, dans d’autres localités comme à Tigzirt, sur littoral de la Kabylie. Ces attentats meurtriers, synchronisés de manière quasi parfaite, sont revendiqués par le GSPC sous sa nouvelle appellation de “Al Quaïda au Magreb”. Ils sonnent à la fois comme la signature de l’allégeance du GSPC à la nébuleuse terroriste de Oussama Benladen et comme une volonté de démonstration de puissance de cette organisation sous ses nouveaux auspices. L’effet médiatique de ces actes sanglants apparaît comme prioritaire à leurs auteurs qui, par la nature des cibles choisies- exclusivement des bâtiments des forces de sécurité-semblent cultiver le souci de ne pas s’aliéner les populations civiles qui n’ont pourtant pas été épargnées, loin s’en faut.

D’aucuns, sans doute mus par leur seul ego de partisans, ont tout de suite pointé du doigt la Charte pour la paix et la réconciliation nationale comme la cause principale de cette mortelle recrudescence des actes terroristes. Bien entendu, rien n’est moins faux ! Quand bien même cette charte et les dispositions qui en ont découlé n’ont pas abouti à tous les résultats escomptés, il est ridicule de penser que la violence terroriste en ait bénéficié d’une quelconque façon. On peut même considérer que c’est au moins en partie grâce à la politique de réconciliation nationale, qui n’est certes pas exempte d’insuffisances, que le GSPC a été réduit à un état de faiblesse qui l’a contraint, pour survivre, à déclarer son allégeance à Al Qaïda et à son chef, Oussama Benladen. Or, ce faisant, ce groupe terroriste perd un atout politique majeur : il ne peut plus prétexter un quelconque déficit de démocratie comme cela a pu être le cas au début des années 90 pour justifier ses carnages. Il ne peut prétendre, désormais, à une quelconque sympathie de la population, ayant publiquement assumé qu’il prend ses ordres d’une organisation étrangère qui plus est, ennemie publique numéro 1 de la communauté internationale.

En fait, les attentats de mardi dernier en Kabylie marquent un tournant dans la nature même du terrorisme islamiste qui sévit dans notre pays, ainsi que dans ses objectifs. Une guerre totale devra lui être faite. La bataille est certes militaire, mais celle de la communication sera décisive. La communication officielle devra impérativement s’adapter à la nouvelle situation et tirer profit, au maximum, de ce que le GSPC s’en prend aux intérêts vitaux de la nation sur injonction et avec les moyens de forces étrangères à la patrie. L’union sacrée de toute la nation contre ses agresseurs est plus que jamais nécessaire. Mais elle sera insuffisante si l’on continue à combattre les effets d’une crise sans s’attaquer aux causes qui ont favorisé leur avènement. La moisson sanglante de ces quinze dernières années est le résultat prévisible des semailles des années 70 et du début des année 80. L’école livrée à des charlatans, les mosquées abandonnées à de criminels illuminés, la justice qui a déserté ses palais, la rapine élevée au rang de culture, la femme enfermée dans un statut humiliant...

Synthèse de Rayane, algerie-dz.Com
D’après la Dépêche de Kabylie