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La Banque d’Algérie se défend

 
C’est à la surprise générale que la Banque d’Algérie s’est constrituée partie civile pour défendre ses intérêts s’estimant à son tour victime de Khalifa Bank.
mercredi 21 février 2007.

Le siège de la Banque d'Algérie à Alger. La Banque d’Algérie se considère comme “victime” dans l’affaire Khalifa. Lasse peut-être d’entendre les différents intervenants désigner la Banque d’Algérie et la Commission bancaire comme étant responsables, voire pour avoir failli dans l’application de leurs prérogatives en tant qu’autorités de supervision et de contrôle bancaire, la Banque centrale vient de se constituer partie civile dans le procès de la caisse principale d’El Khalifa Bank contre Rafik Abdelmoumen Khelifa, selon la demande introduite hier après-midi par ses avocats, Mes Benyacoub et Benyoucef.

Un brouhaha a d’ailleurs empli la salle lors de la présentation de l’identité du mandant. Certes, celle-ci a été reçue par le tribunal, elle n’a pour l’instant été ni acceptée ni refusée ; cependant l’affaire jugée actuellement à Blida vient de connaître un nouveau rebondissement et de prendre une tournure radicale, devenant de fait une affaire d’État. La constitution de la BA s’inscrit dans le cadre d’enjeux beaucoup plus importants qu’il n’y paraît à première vue. Si le préjudice causé par la gabegie de KB est “moral”, selon les avocats mandatés par l’institution, et affecte son “intégrité dans les places bancaires et ses capacités dans le monde monétaire”, le préjudice qui pourrait découler d’une implication même civile de la Banque d’Algérie porte sur les milliards de réserves de change placées à l’extérieur du pays.

Si le tribunal accepte dans la forme la constitution de partie civile contre l’institution, cela pourrait entraîner dans le fond, et dans un futur proche, le “gel” des avoirs de la Banque d’Algérie, donc de l’État algérien à l’étranger. D’ailleurs, les avocats de l’institution ne s’en cacheront pas. “La Banque d’Algérie et très incidemment la Commission bancaire ne peuvent être poursuivies par le tribunal criminel”, dira Me Benyacoub. D’autant que l’avocat contestera la demande de constitution de partie civile de deux entreprises allemandes contre la Banque centrale, demandant carrément “l’irrecevabilité” de leur constitution. La présidente du tribunal jugera la demande “anticipée”. L’avocat expliquera les prérogatives de l’institution, son rôle de contrôle et de supervision bancaire et dévoilera “le danger pour l’État algérien”. “L’argent à l’étranger, si on ne riposte pas, risque d’être bloqué, saisi”, dira-t-il.

Synthèse de Soud, www.algerie-dz.com
D’après Liberté