Situation d’enclavement de Tirourda (Tizi Ouzou)Tirourda est un village parmi tant d’autres de la Haute-Kabylie qui continue de plus en plus de s’enfoncer dans son isolement.
samedi 3 juillet 2004.
Situé à 17 kilomètres de la localité de Aïn El-Hammam, au sud-est de la wilaya de Tizi Ouzou et à la frontière de Bouira et Béjaïa, et dépendant administrativement de la commune d’Iferhounène, ce village, où vivent près de 2 000 âmes, est confronté en plus aux aléas et à la rigueur du climat et du relief géographique accidenté, à un modeste quotidien, truffé d’une multitude de problèmes liés principalement au cadre de vie des plus désavantageux.
Les premiers à en souffrir et à endurer cette situation de désolation et de marasme social qui caractérise la vie quotidienne de ces modestes montagnards sont sans conteste les jeunes dont le taux de chômage avoisine les 80%. Ce fléau endémique sévit de plein fouet avec son lot de conséquences sur le village. Une simple virée dans ce dernier aura suffi pour constater l’ampleur et la perplexité de leur quotidien. À la place publique du village, Tadjemaât, lieu de rencontre des villageois, l’endroit grouille de monde. Des grappes de jeunes et de vieux discutent de tout et de rien, du sport principalement et de la situation politique, une manière de tuer le temps en ces jours de fortes chaleurs. À ce propos, le sujet, qui attire effectivement l’attention des villageois demeure la récente décision du Parc national du Djurdjura (PND) qui vient d’adresser un courrier, interdisant aux exploitants de la carrière, dite Rouge, surplombant le village, l’extraction de pierres. Ce qui suscite chez ces nombreux travailleurs et pères de famille un sentiment de colère et de désespoir. “La carrière Rouge, située dans la zone périphérique du PND, nous dira l’un d’eux d’un air outré, fait vivre plus de 30 travailleurs avec leurs famille nombreuses. Personne n’ignore que l’extraction de la pierre qui se fait toujours comme à l’époque coloniale, avec des moyens rudimentaires (marteau et burin) et pas d’explosifs, ne pourrait engendrer aucune atteinte sur la faune et la flore, encore moins une dégradation de ce site protégé”, nous précisera en substance un ancien travailleur de la carrière. Toutefois, ces pères de famille, dépourvus d’autre ressources, avouent en fait leur scepticisme suite à la décision du PND de procéder à la fermeture du lieu de leur gagne-pain, sans pour autant qu’une solution ne soit proposée comme alternative. Un fait accompli qu’ils ne sont pas près d’assumer et d’admettre. Dans cette optique, les villageois proposent à ce que leur soient accordées des subventions financières pour la mise en œuvre de projets agricoles, adaptés au milieu montagneux (arboriculture, élevage, apiculture...) et ce, par l’ouverture de pistes agricoles.
“Riche mais pauvre !”
Par Farid Mahiout, Liberté |
Divertissement
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