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Alger sous la menace terroriste

 
“Il y a toujours une menace terroriste sur la capitale.” Cet aveu troublant est du directeur général de la sûreté nationale.
mercredi 7 juillet 2004.

Au cours d’une conférence de presse qu’il a animée, hier, au siège de l’École de police, à Chevalley (Alger), M. Ali Tounsi a révélé qu’en raison de ce risque permanent d’attentat à Alger, il a procédé à une augmentation des effectifs. “600 policiers ont été envoyés en renfort et des moyens supplémentaires ont été mis en œuvre”, a-t-il annoncé. Curieusement, ce redéploiement des forces de sécurité a eu lieu - toujours d’après les révélations de l’orateur - deux jours avant l’explosion qui a ciblé la centrale électrique du Hamma, le 21 juin dernier. À ce propos, le DGSN a dévoilé un secret de Polichinelle. L’explosion est d’origine criminelle. “Oui, c’est un attentat à la voiture piégée”, a-t-il reconnu. Pressé par les journalistes, le responsable a refusé d’aller plus dans les détails dans cette affaire. À la question de savoir par exemple si le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) est effectivement à l’origine de l’acte de sabotage, M. Tounsi s’est contenté d’une boutade : “Peu importe si c’est le GSPC ou le GIA. Ce sont tous les mêmes.” Plus sérieusement, le patron de la police a indiqué que la gestion de la situation sécuritaire exige une totale discrétion. Le culte du secret sied parfaitement au ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, qui le soir même de l’attentat, s’est empressé d’exclure la piste terroriste. “Les premiers éléments montrent qu’il s’agit d’un incident technique”, avait affirmé Yazid Zerhouni à la presse. Le représentant de l’Exécutif a cru bon de noyer le poisson en annonçant l’ouverture d’une enquête judiciaire. Or, le poisson était trop gros. Outre les indices probants recueillis par la police scientifique sur les lieux de la déflagration, la revendication de l’attentat par le GSPC ne laissait plus planer de doutes sur la nature de l’explosion. Ali Tounsi était bien obligé de le reconnaître hier. Il est le premier officiel à confirmer la thèse terroriste. Pour autant, cette action, comme les multiples attaques contre des agents de l’ordre public enregistrées ces derniers mois dans la capitale, ne l’inquiète pas outre mesure. Les dispositions prises, dira-t-il, s’inscrivent dans une stratégie globale rodée depuis plus d’une décennie. “Même lorsque le terrorisme sera vaincu, nous continuerons à faire de la lutte, notamment contre les mentalités”, a préconisé le DGSN. Faisant valoir l’amélioration de la situation sécuritaire, l’animateur de la conférence de presse a affirmé qu’auparavant, l’inauguration des commissariats se faisait presque dans la clandestinité, tant la menace terroriste était persistante. “Aujourd’hui, de tels évènements sont célébrés dans la liesse populaire”, s’est-il félicité. Pour étayer ce constat optimiste, le directeur général de la Sûreté nationale évoque un périple très constructif qui l’a conduit à travers quelques wilayas du pays, ces dernières semaines. “Certaines BMPJ (Brigades mobiles de la police judiciaire) n’ont pas enregistré d’actes terroristes depuis 4 ans”, a fait observer M. Tounsi. Spécialisées dans la lutte contre le terrorisme, ces unités sont, au nombre de 120, sur tout le territoire national. Elles comptent 10 000 hommes, a estimé le patron de la police. Sur le plan international, la guerre contre les groupes armés implique une coordination avec les polices du monde, exercées à ce genre de fléaux. À cet égard, l’orateur a confirmé une coopération étroite avec les services américains, mais également avec les forces de police d’autres pays, dont la France, l’Italie, l’Allemagne, la Malaisie et la Jordanie. Interpol est aussi mise à contribution. Et pour cause, l’Algérie n’a plus affaire à des groupes locaux, mais à des appendices d’une organisation tentaculaire, au nom d’Al-Qaïda. Les actes de sabotage que le GSPC menace de commettre dans la capitale sont-ils attribués à de nouvelles recrues qui ont infiltré Alger ? Ici non plus, le DGSN a refusé de s’exprimer pour ne pas violer “le secret des opérations”, a-t-il précisé.

Explosion d’une bombe artisanale à Djelfa
Un mort et un blessé grave
Un citoyen, âgé de 45 ans, a trouvé la mort, lundi dernier, alors qu’une autre personne a été grièvement blessée suite à l’explosion d’une bombe artisanale dans la région dite Kezrane sur le mont Boukhil non loin de la localité de Amoura, située à 75 km au Sud-Est de Djelfa. Selon des sources sécuritaires, il s’agit d’une bombe artisanale qui date des années 90, du fait qu’aucune activité terroriste n’a été enregistrée dans la région depuis plusieurs années.

Par Samia Lokmane, Liberté