Vacances à TigzirtTrois semaines après l’ouverture de la saison estivale, alors que la Kabylie est plongée dans une chaleur torride, la ville côtière de Tigzirt désespère de voir ses premiers visiteurs. Une ville quasi déserte qui contraste avec le rush d’autrefois vers l’antique Iomnium. En fin de semaine de surcroît !
dimanche 11 juillet 2004.
Après l’escale forcée, au pont de Bougie, il faut franchir ce « pont aux pieds d’argile », descendre d’un véhicule pour en reprendre un autre. L’ouvrage a fait les frais des hivers tumultueux qu’a connus la wilaya de Tizi Ouzou. Cette situation risque de réduire considérablement le flux des estivants. La RN 72, longue de quelque 35 km et reliant Tigzirt au chef-lieu de wilaya, vient d’être revêtue. Seul le tronçon reliant Makouda à Mizrana (sur une dizaine de kilomètres) reste clairsemé de nids-de-poule. A la lisière de la forêt de Mizrana, du haut de La Crête, le chemin est toujours sinueux et laisse entrevoir un horizon bleuâtre où se mêlent la blancheur de la brume matinale et l’azur de la haute mer. Déjeuner en paix !
Une plage en plan
« Depuis le 1er juin à ce jour, nous avons comptabilisé plusieurs centaines d’estivants, ce qui, en pareille période, est rarissime. Mais dès le mois de juillet, nous escomptons des dizaines de milliers de personnes », lance un officier de la Protection civile de retour d’un exercice de plongée en haute mer. Lui et ses hommes assurent la surveillance de la baignade sur les trois plages autorisées durant toute la journée, aidés en cela par des éléments de la sûreté nationale qui ont élus domicile parmi les estivants pour plus de quiétude et de calme. Cette année, une entreprise privée a été chargée du nettoyage des plages et « les résultats sont fort appréciés », de l’aveu même de quelques estivants. Ces derniers semblent apprécier aussi le fait que l’APC a interdit sinon restreint l’activité commerciale aux abords des plages. La localité de Tigzirt est confrontée au crucial problème d’eau durant toute l’année, mais ses affres se font sentir le plus en été lorsque sa population décuple. « L’eau coule des robinets une fois par mois », nous dit avec rage, un cafetier. Pourtant, les pouvoirs publics ont mobilisé plus de 20 milliards de centimes pour édifier une station de dessalement de l’eau de mer à l’entrée de la plage Tassalast. Le chantier y a rendu l’accès poussiéreux et fort incommodant. Mitoyenne du carré des martyrs et du cimetière chrétien de Tigzirt, cette station est réalisée par la firme Hydrotraitement. Sur place nous avons constaté que les travaux sont très avancés et malgré les retards « sa mise en service est attendue pour la fin du mois de juillet ». Une virée dans la ville renseigne sur la désaffection qui frappe la localité : cafeterias vides, restaurant silencieux. Tigzirt dispose d’une demi-douzaine d’hôtels (400 lits) et d’auberges au standing qui convient à toutes les bourses et tous les goûts. A l’office local de tourisme (OTT), l’on nous affirme de « la mobilisation de toutes les capacités locales en matières hébergements et d’accueil des estivants ». Cette année, en plus d’un camp de toile organisé par l’UNJA et l’auberge de jeunes qui ouvre ses portes, « la formule de l’hébergement chez l’habitant est expérimentée. Et elle consiste en la possibilité offerte au résident de Tigzirt de louer ses chambres inhabitées aux visiteurs », explique Azouz Mohamed, responsable de l’OTT, en mettant en avant un programme d’activités sportives et récréatives. A l’affiche, la quinzaine de l’artisanat et du tourisme pour fin juillet et début août. « Cela est possible à condition d’avoir à temps les subventions tant attendues », conclut-il avec optimisme. L’été n’en sera que plus beau, assurément ! Par Abdenour Bouhireb, El Watan |
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