L’Algérie rejette les propositions de Madrid et de ParisZapatero en visite en Algérie, a recommandé, hier à Alger, un accord entre les “acteurs” du conflit avant d’aller vers un “Plan-accord” sous l’égide exclusif des Nations unies.
jeudi 15 juillet 2004.
La visite, hier, à Alger du Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a révélé des divergences de fond entre l’Algérie et l’Espagne à propos de la question du Sahara occidental. Alger et Madrid, même en se regardant l’une l’autre, ne regardent plus exactement dans la même direction. Abdelaziz Belkhadem, ministre des Affaires étrangères, s’est d’ailleurs empressé de programmer un point de presse afin de répliquer au successeur de José Maria Aznar, longuement reçu par le président Bouteflika. Zapatero, tout en se permettant d’identifier les parties concernées par cette question, a clairement plaidé en faveur d’une nouvelle démarche, manifestant à peine de la courtoisie pour le plan James Baker. “S’il y a une volonté des pays concernés, nous pouvons arriver à une solution finale au conflit du Sahara occidental ; une solution dont le leader sera évidemment l’Organisation des Nations unies en dehors de laquelle rien ne peut se faire. Cette solution passe pour nous par un Plan-accord”. “Pour cela, il faut la contribution de tous et de la disponibilité”, a-t-il déclaré, au cours de sa conférence de presse à la résidence El-Mithak. Un accord inacceptable pour Alger
De son côté, le Premier ministre espagnol a cru utile de rappeler, en réponse aux questions des journalistes, que les pays concernés par le conflit étaient au nombre de cinq : le Maroc, le Front Polisario, l’Espagne, la France et l’Algérie (“si elle le veut”). Il a ajouté ensuite : " Nous réitérons la place de leader des Nations unies et la prééminence de la légalité et du droit internationaux. Le Plan Baker ? On peut toujours intégrer les éléments susceptibles de faire avancer les choses, sans pour autant que cela nous empêche de parvenir à ce Plan-accord dont nous parlions”. L’identification de ces pays par Zapatero est important. Il dit plus tard qu’”au-delà du fait de devoir aider l’ONU à jouer ce rôle de leader et de maître d’œuvre du règlement définitif du conflit, il me paraît un outil fondamental qui est l’accord entre les acteurs eux-mêmes”. L’approche diverge naturellement de celle énoncée, quelques minutes après son départ, par Abdelaziz Belkhadem. “Nous avons toujours dit qu’il y avait, à propos de la question du Sahara occidental, deux parties exclusivement concernées, à savoir le Maroc et le Front-Polisario, a-t-il affirmé ; l’Algérie ne peut en aucun cas s’ériger en tuteur du peuple sahraoui, mais elle soutient son droit à l’autodétermination car la dernière résolution de l’ONU stipule clairement qu’il s’agit d’un problème de décolonisation”. “Les Sahraouis sont souverains”
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Par Lyès Bendaoud, Liberté |
Divertissement
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