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Coopération militaire entre l’Algérie et la France

 
Annoncée pour le début de l’année en cours puis reportée pour des raisons de calendrier par la partie française, la venue de Mme Alliot-Marie en Algérie constitue une « première » dans les relations algéro-françaises.
samedi 17 juillet 2004.

Le caractère inédit de ce déplacement tient au fait que c’est pour la première fois, depuis l’Indépendance, qu’un ministre français de la Défense vient en visite officielle à Alger. A son arrivée à l’aéroport d’Alger, Mme Alliot-Marie a été accueillie par le ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni.

Les commandants des forces terrestres, aériennes, navales et antiaériennes ont figuré au titre de la délégation ayant accueilli la ministre française de la Défense. Lors de son séjour en Algérie, Mme Alliot-Marie aura des entretiens avec le président Bouteflika. Outre sa qualité de chef suprême des armées, celui-ci cumule la fonction de ministre de la Défense. Prévus pour aujourd’hui, les entretiens entre le chef de l’Etat et la ministre française de la Défense porteront, entre autres, sur la lutte contre le terrorisme et la sécurité en Méditerranéenne de l’ouest. L’agenda de Mme Alliot-Marie comporte également des entretiens, dimanche, avec d’autres « grands responsables du pays », une allocution devant des étudiants et une rencontre avec des femmes algériennes. Présentée comme le « symbole » de l’aboutissement de la dynamique de refondation des relations algéro-françaises, amorcée par Bouteflika et Chirac en 2000, la visite de Mme Alliot-Marie devrait ouvrir une nouvelle ère dans la coopération entre l’ANP et l’armée française. Deux domaines où Algérie et la France enregistrent des échanges limités, en raison des blocages suscités par le statut d’ancienne force colonisatrice de la France et des retombées de la guerre froide. Néanmoins, cette situation a longtemps contrasté avec la densité des relations économiques caractérisant les deux pays. La France est, rappelle-t-on, le premier fournisseur de l’Algérie depuis l’Indépendance à nos jours.

Le réchauffement exceptionnel des relations algéro-françaises, constaté ces dernières années, devrait aboutir à la conclusion, en outre, d’un Traité d’amitié en 2005 devant définir le cadre global du partenariat d’exception placé en ligne de mire par Bouteflika et Chirac. Un partenariat devant intégrer un volet consacré aux questions de défense et de sécurité. Intervenant quelques jours après celle effectuée par le ministre français des Affaires étrangères, la visite « historique » de Michelle Alliot-Marie devrait ainsi dépasser largement le « cadre politique » dans laquelle elle s’inscrit. Car si les chefs d’Etat des deux pays ont déjà clairement balisé le terrain politique, en témoigne d’ailleurs la visite du président Chirac à Alger au mois d’avril dernier, les déclarations de Mme Alliot-Marie à sa descente d’avion et celle de Noureddine Yazid Zerhouni laissent entendre qu’il ne subsiste plus de tabous entre les deux pays, et que la voie est déjà grande ouverte à la coopération militaire. Une coopération qui devrait trouver ses premiers points d’appui à travers la mise en œuvre d’une action commune pour renforcer la sécurité en Méditerranée. Et si les deux ministres se sont abstenus de confirmer ou d’infirmer l’information évoquant la possibilité de voir l’Algérie et la France signer un accord de défense, Mme Alliot-Marie, soulignant le caractère politique et la symbolique se rattachant à sa visite, évoquera volontiers la perspective de concevoir la future coopération algéro-française en matière de défense dans le cadre d’un « partenariat Nord-Sud ».

Précisant, à son tour, que la visite de Mme Alliot-Marie est le résultat d’« une très forte volonté des présidents Chirac et Bouteflika ayant permis de briser énormément de tabous, de contribuer à construire une confiance et de créer une nouvelle atmosphère pour imaginer entre nos deux pays de nouveaux desseins communs pouvant être construits (...) sur la base d’intérêts mutuels », M. Zerhouni a indiqué que pour l’Algérie « la priorité va au développement économique et social et à la sécurité collective en Méditerranée occidentale ». Les discussions, aujourd’hui, avec le président de la République devraient, à ce propos, servir aux deux pays de voir dans quelle mesure ils peuvent aller au-delà de ces premières convergences de vue. Prévu d’être abordé, le dossier du terrorisme devrait, en ce sens, les inciter à accélére la coopération.

Par Zine Cherfaoui, El Watan