Hydraulique : Situation rassurante à SkikdaLoin du spectre de la sécheresse des trois dernières années, la pluviométrie a été au rendez-vous durant cette année 2003-2004 pour remettre à un niveau appréciable le volume d’eau retenue dans les différents barrages de la wilaya de Skikda.
mardi 10 août 2004.
Le taux de remplissage du barrage d’Oum Toub (Guenitra) a atteint le seuil des 75%, soit un volume d’eau de 94 millions de mètres cubes sur une capacité de 125 millions de mètres cube. Celui de Zerdezas est également rempli à raison de 14,8 millions de mètres cubes sur 180 millions de mètres cubes, sa capacité initiale après son envasement, soit 82%. Le barrage de Zit Emba, dans la commune de Bekkouche Lakhdar, destiné dans un premier temps à l’irrigation avant que l’on décide de l’adduction d’une canalisation pour desservir la ville de Skikda, est rempli presque à ras avec un taux de 98%, soit un volume de l’ordre de 118 millions de mètres cubes sur une capacité de 120 millions de mètres cubes. Enfin, le dernier des barrages de la région, en l’occurrence celui de Béni Zid, d’une capacité de 40 millions de mètres cubes, est rempli à son plus haut niveau (100%). Véritablement, l’optimisme est au beau fixe et la sécheresse est désormais écartée en cette période de canicule, mais aussi pour les deux ou trois années à venir à la condition expresse de colmater bien comme il se doit les fuites qui existent tout le long de la canalisation qui alimente Skikda à partir du barrage d’Oum Toub. Au passage, l’on signale que jusqu’à un passé récent (2002), cette dernière canalisation n’a pas été réceptionnée. Pour cette année au moins, l’eau, qui était synonyme par le passé de tous les maux sur fond de contestation populaire, d’obstruction des routes et d’épidémies de typhoïde jusqu’à atteindre des proportions jamais vues en Algérie, a fini par ne plus être qu’un mauvais souvenir en matière de vecteur de maladies et de terrain de la culture contestataire. Désormais, Skikda n’a plus à s’en faire et ses 860 000 habitants - dont 520 000 en zone urbaine - sont pour le moment à l’abri, du moins en théorie. Don du ciel, la pluviométrie que l’on estime en moyenne à 730 mm/an est une bénédiction qui met la population à l’abri de la sécheresse qui a prévalu par le passé et tous les efforts doivent être orientés aussi bien par les citoyens que par les responsables de l’Epdemia pour l’instauration d’un programme de distribution en adéquation avec la réalité du terrain. La dilapidation de ce précieux liquide n’arrangera pas les choses, particulièrement quand on sait que certains énergumènes ne se privent pas de laver leurs véhicules à grande eau. Tour d’horizon dans le quotidien des différentes infrastructures hydrauliques mises en exploitation pour emmagasiner l’eau avant d’alimenter les ménages skikdis qui se trouvent ainsi gâtés par Dame nature. Sous la température d’un ciel clément, c’est-à-dire d’un hiver humide et d’un été doux, la wilaya de Skikda dispose indéniablement d’énormes potentialités hydriques ou l’apport par bassin versant a permis d’estimer en moyenne les écoulements superficiels de l’ordre de 1 600 hm3/an dont 312 hm3 mobilisés et 68 hm3 régularisables. Il reste toutefois utile, pour ne pas tomber dans l’autosatisfaction, de rappeler qu’à l’orée des années 2000, les précipitations ont sensiblement diminué sur les bassins versants des barrages et exploitations. Les barrages en exploitation
Quand la nécessité se fait pressante, la ville de Skikda est également alimentée à partir de ce barrage tout comme la zone industrielle par l’adduction sur la station de pompage de Guenitra. Les capacités de stockage de cette infrastructure hydraulique sont dérisoires, 32 hm3 en théorie, tandis que l’envasement de ce dernier ne permet finalement que de régulariser 18 hm3. Des travaux de désenvasement ont été entrepris durant les années écoulées.
Indépendamment de l’apport annuel en pluviométrie qui reste variable (47-60 hm3), les capacités de stockage de ce barrage sont de 125 hm3 avec ce besoin d’assurer la couverture en alimentation d’eau potable des communes d’Oum Toub, Sidi Mezghiche et les zones environnantes. L’on note que d’importantes fuites continuent de déverser une grande quantité d’eau (36 000 m3/j) tout au long de la conduite d’adduction.
Les barrages en cours d’études
Les retenues collinaires
Les eaux souterraines
La politique de l’eau entamée durant les trois dernières décennies jusqu’en 1998 a vu la réalisation de 186 forages à travers la wilaya de Skikda tous secteurs confondus avec une capacité d’exploitation d’environ 47 hm3/an dont une grande partie est destinée à l’alimentation en eau potable avec une capacité d’exploitation de 37,75 hm3/an. Les 25 forages restants sont destinés à l’industrie et l’irrigation. Les forages réalisés
Le programme d’urgence a quant à lui donné naissance à la réalisation de 17 forages représentant 1 000 ml, soit deux forages pour Skikda (sicel, sntv), deux forages pour Azzaba (Boumaïza et Azzaba Est), un forage pour Ben Azzouz (Zaouïa), trois forages pour Tamalous dont 1 pour Bin El Ouidène et 1 pour Aïn Tabia, deux forages pour Guessaba et Béni Bechir pour Ramdan Djamel et enfin un forage pour Collo. La situation hydrique à Skikda semble des plus rassurantes eu égard au nombre de forages, de barrages et de disponibilité de l’eau, même si au demeurant la gestion et le suivi des opérations initiées en la matière laissent à désirer, notamment dans le colmatage des brèches qui se fait d’une façon archaïque comme dans le cas de la conduite située juste en face du la mosquée El-Imane qui, malgré une demi-douzaine d’interventions, continue de laisser couler ce précieux liquide. Un tel phénomène n’est pas propre à ce lieu bien spécifique, mais touche également d’autres quartiers de la ville de Skikda. Le travail des vanniers est également à montrer du doigt par moments lorsque l’ouverture des vannes se fait à moitié aux dépens de certains locataires logés aux étages supérieurs, d’où ce constat que si la situation en matière de disponibilité d’eau est rassurante, l’epdemia peut tout de même faire mieux. Par S. Oudina, La Nouvelle République |
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